Le silence de l'Apprenti

Le silence est une notion que l’on croise dès notre entrée en maçonnerie.
Il n’est pas rare de lire ici ou là qu’il est sans doute mal venu d’écrire sur un blog comme celui-ci sur la maçonnerie, tant que nous n’avons pas été, au moins, élevé au degré de maitre.
D’aucun diront qu’un apprenti n’est sans doute pas encore en mesure de parler de cet univers trop nouveau pour qu’il en embrasse une vision complète et qu’il soit apte à en saisir toute les saveurs et les richesses.
Et alors ? Est-ce parce que l’on ne sait pas encore cuisiner comme un chef qu’on ne peut pas parler gastronomie ? Si en cuisine, on se tait et on écoute le maitre, rien ne nous empêche de livrer nos impressions culinaires en dehors de l’espace réservé à l’apprentissage.
Il n’y a là, je crois, aucune contradiction entre l’humilité dont doit faire preuve l’apprenti, le silence qu’il a juré de respecter, le travail sur lui-même qu’il doit effectuer, et le fait de parler, de partager.
On dit tous les maçons égaux, et si cette égalité n’est pas réelle à l’intérieur du temple, elle l’est des lors que nous sommes à l’extérieur. Être au début d’un chemin ne veut pas dire que l’on ne doit pas raconter ce que l’on voit aux alentours. Au contraire. Je trouve à la fois poétique, et enrichissant d’essayer de synthétiser sa pensée, son ressenti. C’est souvent lorsque l’on décrit quelque chose, ou qu’on l’explique, qu’on le comprend vraiment.
Partager, écrire, raconter, sont pour moi les moyens qui me permettent de me comprendre, de prendre du recul sur mon individu et tenter ainsi de cerner mes défauts.
Alors d’avance désolé si certains trouvent ma démarche éloignée de ce qu’ils pensent être le devoir de l’apprenti. Aucun égo, aucune volonté de sauter des étapes, juste quelqu’un qui a choisi l’écriture pour mieux réaliser son étude de soi.

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Catégories :Actualités

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5 réponses

  1. Je vais être un brin provocateur et ironique: on demande à un apprenti de garder le silence, en général, c’est sur ce qui se passe en loge et en ce qui concerne les cérémonies d’initiation. Or, (je reprends mon précédent commentaire), les divers rituels sont consultables sur internet. Je suppose donc que ce genre de révélation n’est pas le fait d’apprentis, mais de plus hauts gradés? Vous souvenez-vous qu’un maître de loge de Saint-Germain avait laissé filmé un rituel maçonnique? Les hauts gradés ne respectent donc pas la promesse du secret, à moins que la révélation devienne une obligation une fois qu’on passe d’apprenti à compagnon ou au grade de maître? Dans votre précédent message, vous disiez non à la publication de planches symboliques sur le net. C’est à vous de voir. Reste que le langage reste parfois obscur, car on n’a pas les références et le vécu nécessaire, mais dans un langage adapté, accessible au public, sans trop en dire, pourquoi pas? Quant à « se raconter », livrer ses propres impressions, « l’étude de soi », ce processus a plus sa place dans un journal intime que sur le net, car cela risque très vite de tourner à l’exhibitionnisme des sentiments. Pardonnez-moi d’être aussi cru, mais comme j’ai une certaine estime pour vos buts et votre éthique, je ne pouvais faire autrement. Je vous salue quand même bien amicalement.

  2. Chacun met le secret ou il l’entend. Si tous les maçons étaient d’accord entre eux, ça se saurait… Donc il y en a qui sont pour garder le plus fermé possible ce qui se passe en loge, alors que d’autres prônent au contraire l’ouverture.
    Quant à la publication de planches symboliques, je ne vois pas pourquoi nous devrions le faire. On ne demande pas à l’association des bouddhistes de Carcassonne de publier le compte rendu de leurs réunions, si l’on veut travailler et réfléchir sur le sujet, ce n’est pas compliqué, on adhère à l’association, non ? 🙂

  3. Je reprends ce que j’ai dit sur le message précédent (la maçonnerie, quelle cuisine): « un aperçu de ce qu’est le symbolisme en général ou un point particulier, sans déflorer le sujet ou livrer tel quel le travail d’Untel ou d’Unetelle, ce serait possible, charge au rédacteur de faire preuve de vigilance. Non des symboles propres à vos grades respectifs (car je pense que c’est cela que certains redouteraient?), mais de choses plus universelles, par exemple, ou qui touchent un plus large public. Idem pour les faits plus d’actualité, pas de façon systématique, (car on risquerait de s’en lasser) mais de temps à autre, de façon ponctuelle. » A titre d’exemple, je ne vois pas pourquoi on dévoilerait au tout venant les symboles du 5ème degré de tel rite, mais par contre, des interventions sur des sujets plus culturels, ou ce qu’on entend par « fraternité », par exemple, contribuent à l’enrichissement intellectuel du public.Le reste, c’est une question de discrétion que nous devons respecter.

  4. Je crois que le problème ne se situe réellement pas dans le fait de dévoiler quoi que ce soit, car si la maçonnerie consistait uniquement à apprendre au fil des années de pratique la signification de tel ou tel symbole, cela fait longtemps qu’elle aurait disparu.
    Un symbole est quelque chose que chaque maçon interprète comme il l’entend. Et si je propose de ne pas publier de planche symbolique ici, qui consisterait à livrer une lecture particulière et intime d’un symbole, point de départ d’une réflexion qui dépasse la simple définition de ce symbole, je ne suis pas contre le fait d’expliquer ce qu’est la symbolique. Peut être ferai-je un billet prochainement sur la question.

Rétroliens

  1. Hiram | De Midi à Minuit

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