Les laïques au Parlement européen – un dialogue de sourds

Ce qui me connaissent depuis longtemps auront déjà vu cette vidéo, mais il me semblait important de la remettre ici, sur ce nouveau blog.

Il s’agit d’une vidéo datant du 30 novembre 2011 démontrant, si besoin est, l’approche biaisée de certains parlementaires européens, par rapport au « dialogue » avec les organisations laïques, alors que les églises ont leurs entrées dans la même enceinte. C’est édifiant !
Cette vidéo me rappelle une conférence à laquelle j’avais assisté au siège du GODF, rue Cadet autour du livre de Marcel Conradt « Le cheval de Troie : Sectes et lobbies religieux à l’assaut de l’Europe ».

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21 réponses

  1. La religion ça se combat dans la tête pas dans les instances, sinon c’est de l’hypocrisie. On demande aux religions de ne pas s’impliquer dans la vie publique mais on leur laisse tout pouvoir sur le terrain. L’état libéral n’a plus de valeurs morales ou éthiques en dehors des lois de l’argent à transmettre. Ayant détruit les tissus éducatifs permettant de combattre l’obscurantisme, les préjugés rois, ayant autorisé et encouragé la haine de la pensée, ils ne restent aux religions qu’à venir avec leur certitudes, leurs dogmes et leurs valeurs éternelles. Affronter les religions, cela ne peut se faire qu’avec de la curiosité, du courage devant la vie et une société socialement pacifié. Qu’attendre de ces instances qui sont surtout là pour gérer l’argent de millions de consommateurs alors que les laïques viennent leur parler de culture, d’êtres humains et autres fadaises sans intérêts économiques.

  2. Ah mais c’est complètement génial à regarder ! Merci pour la vidéo !
    C’est l’idéologie du Dialogue dans son luxueux écrin de bureaucratie foireuse. Un véritable joyau. Absolument tout y brille par sa malhonnêteté, c’est fantastique.

    D’abord, on est ébloui par la magnifique transparence de l’Union Européenne, où les agendas sont concoctés avec une minutie exemplaire et un sens de la diplomatie épatant. Dans n’importe quelle organisation, des dizaines de mecs se seraient fait virer pour avoir planifié un tel boulot de sagouin sur des créneaux horaires merdiques au dernier moment, mais là, vous pouvez être sûr que personne n’a perdu son poste. Merveilleux.

    On devine dans l’Institution une frénésie de réunions en continu avec ses budgets petits-fours et photocopies à vous faire tourner la tête. Vite, une salle, un auditorium, des convocations, un service de presse, la clim, des interprètes et des traducteurs, ça doit coûter son poids en cacahuètes de faire tourner le Machin rien que pour deux heures de débat improvisé pour faire plaisir à trois pelés et un tondu afin de se rendre conforme à la huitième directive de la cinquième délégation aux Sous-Comité de Surveillance des Quotas de Réunions Obligées. L’enfer, quoi.

    La voix off n’est pas en reste : concrètement on ne sait rien. On ne connaît pas le thème de la réunion, on ne sait pas qui est Lazslo Tokes, on ne sait pas pourquoi il cite Saint Matthieu, on sait RIEN du contexte. Sinon que, apparemment, c’est particulièrement malvenu de citer Saint Matthieu. On ne sait pas pourquoi le dialogue attendu échoue, on ne sait pas la teneur de l’échange qui fâche les uns et les autres. C’est vraiment le contraire de l’information. Mais les reulygieus ont l’air vraiment très très méchants.

    Heureusement, Wikipédia nous apprend des choses : on apprend que Lazslo Tokes est protestant, ce qui n’est pas inintéressant, puisque sans cette information on croit spontanément que c’est un évêque catholique. C’est un détail, mais il est porteur de sens. On apprend également grâce à Wikipédia qu’il est un personnage important dans la chute du régime communiste roumain, et qu’il connaît donc de façon intime l’expérience d’un régime athée, en l’occurrence le communisme – mondialement célèbre pour avoir donné la prospérité, la liberté et la justice aux pays qu’il a gouverné.

    Enfin, on apprend que ceux qui se proclament partisans du Dialogue sont ceux qui quittent la salle. Quel bel exemple de dialogue, n’est-ce pas ? En gros, le Dialogue c’est bien, mais uniquement si l’on est d’accord avec la conclusion attendue : que les religions (surtout le christianisme, en fait) ferment leur gueule.

    Heureusement que ce blog existe, j’aurais raté cette page de rigolade.

    • Si effectivement les religions pouvaient se taire, quelle paix ! ! ! Mais attention religions dans son sens large, c’est le silence de tous ceux qui font de leurs convictions une religion. Quand à la référence au communisme, c’est un non-sens, la dictature soviétique n’a jamais été communiste (sauf peut être pendant 1 mois ou 2), les marins de Cronstadt en ont fait la mortelle expérience. Aucune dictatures, qu’elles soient athées, religieuse, économique ou politique n’a jamais apportés quoique ce soit si ce n’est le malheur à plus ou moins long terme.

  3. Nous voilà de nouveau devant le même problème : un sujet qui plait et qui fâche, mais dont le commun des mortels est loin d’en comprendre les rouages. Un homme politique m’a expliqué un jour le lobby des religions au sein des communautés européennes. Alors qu’en penser ? Nous n’y sommes pas pour constater de visu ce qu’il s’y passe ; nous faisons confiance aux députés qui décrivent les faits ou aux journalistes qui enquêtent. Mais encore une fois, nous n’y sommes pas pour nous faire notre propre opinion.
    Oui, il faut rester critique vis-à-vis du reportage qui pour des raisons évidentes de timing n’a pas développé tous les aspects mis en avant par @fromageplus, mais il faut également ne pas se voiler la face sur la montée du religieux dans ces institutions. Démolir le reportage pour un manque d’objectivité documenté aurait suffi, mais de là à passer aux sarcasmes sur l’institution, le reportage, les laïcs quittant la salle me semble peu correspondre à certaines valeurs que représente la FM.

    Je ne critique ni ne juge l’appartenance à une quelconque religion, lorsque je parle de montée du religieux, j’étends pas là «  utiliser la doctrine pour se prononcer sur les textes et les lois en se référèrent aux instances supérieures des églises »

    Pour terminer, on ne me fera pas croire que Lazslo Tokes se devait de citer un extrait de St Matthieu lors d’une réunion de ce type ; sa culture lui permet de citer d’autres auteurs non bibliques qui auraient certainement rencontrés le fond de sa pensée. J’ai l’impression de revoir les petites taquineries que s’échangeaient Don Camillo et Peppone dans les films de Fernandel.

    Le plus désolant, c’est que l’on paie ces gens pour arriver à des solutions et qu’ils l’oublient tous un peu vite.

  4. Romain,
    Première nouvelle : l’URSS n’aurait jamais été communiste. Et si je vous apprenais que les USA n’ont jamais été capitalistes, comment réagiriez-vous ? Probablement comme moi : avec un éclat de rire mêlé de consternation.
    J’ajoute la précision suivante : l’URSS n’était pas un système dictatorial, mais un système totalitaire, ce qui est très différent.

    Alain,
    La « montée du religieux », ça ne veut absolument rien dire. Si on constate une « montée de l’amour pour son prochain » ou « une montée de la charia », on parle de choses franchement différentes. « Le religieux » est un terme fourre-tout qui permet de penser confortablement du haut de son petit humanisme satisfait, sans avoir à se salir dans la véritable théologie et l’étude comparée, honnête et factuelle, des religions.

  5. Fromageplus: Je maintiens. Quand à la discussion de savoir si c’était une dictature ou un état totalitaire, cela ne change rien au millions de gus qui ont été victime des autorités soviétique. Mais la structure de l’état soviétique a cessé bien vite d’être communiste: police politique, internement, déportation, exécution sommaire, refus de la contradiction cela n’a rien à voir avec le communisme. Un peu comme si on regardait le christianisme uniquement à la lueur de l’inquisition. On a d’ailleurs un schéma semblable: Un messie et une pensée (Jésus et Marx), une pratique (Constantin, Paul et au final le reste et Lénine, Staline, Trostky) et pour finir une réalité: mort, intolérance, massacre au nom bien sur « de l’amour des hommes » (c’est le but final du communisme, dans les textes en tout cas). Quand au USA, ils sont effectivement capitaliste mais pas libéraux. Avec une dérive de plus vers la théocratie.
    Mais au final quel le but de votre commentaire ? Nous démontrer que les religions sont maltraités par les méchants athées ? ? Nous montrer qu’une certaine religion est maltraité par d’autres religions avec l’aide de la complicité des instances européennes ? Nous inciter à chercher Dieu ? La foi n’est pas un choix mais une conviction. On l’a ou pas. Quand aux religions, je suis pas inquiète pour elle: la misère intellectuelle, le besoin d’explication simple pour comprendre un monde complexe leur ouvre un gigantesque terrain. Chrétien et Musulman rivalisent de miracle, de pensée toute faite, d’explication simple, de discours pré-maché et surtout offre les boucs émissaires expliquant la cause des malheurs de chacun.
    Les marchands de fables ont les poches remplies, les autres crèvent.
    Vous revendiquez une grande culture théologique. Salissez vous donc les mains avec Marx, Lenine, Bakounine et Staline.

    Encore Cordialement

    Romain

  6. Romain,

    Police politique, internement, déportation, exécution sommaire, refus de la contradiction ne sont pas des dérives du communisme, mais l’essence du communisme. C’est un système qui, à la base, se définit un ennemi intérieur, et se donne tous les moyens de l’éradiquer (les koulaks, les bourgeois, les aristocrates,…). La surveillance de tous par tous, la délation, la rééducation, tout cela est théorisé à l’intérieur même du corpus idéologique du communisme. C’est le même procédé que pour la Révolution Française : il faut régénérer la société (et l’humanité entière) d’un sang nouveau et d’un esprit nouveau, ce qui mène inévitablement au Grand Coupage de Têtes, aux tribunaux expéditifs, et à l’élimination pure et simple du Monde Ancien, de ses représentants, de ses partisans réels ou supposés. Parmi les axes théoriques du communisme, on trouve des choses comme la dictature du prolétariat (c’est à dire une justice de classe fondée sur la vengeance), l’autocritique (c’est à dire la société policière et la torture psychologique quotidienne), le Parti Unique (donc le refus affiché et explicite de la contradiction), le « crime de nationalité » (théorisé par Lénine, et qui a justifié la sanguinaire « russification »), etc.
    La meilleure preuve, c’est que TOUS les systèmes communistes, absolument tous, ont connu exactement les mêmes parcours, dans les mêmes bains de sang, dans les mêmes camps de la mort, avec le même objectif d’émergence d’une société purifiée de son Ancien Régime : Khmers rouges, révolution culturelle en Chine, Corée du Nord, etc.
    La Kolyma, le Laogaï ou le camp S21 ne sont pas des dérives, mais l’instrument même de l’établissement du communisme. Le communisme est un système où tout le monde doit avancer d’un même pas, sinon il n’avance pas du tout. Comme il est impossible que dans la réalité tout le monde marche d’un même pas, tout le monde est potentiellement un traître au parti, un saboteur du progrès, un ennemi du régime. Et c’est exactement ce qui s’est passé.

    Pour prendre un autre exemple, imaginez que je désigne la société de consommation comme une dérive du capitalisme ! Tout le monde convient que cette grande aliénation marchande est bien la fille légitime du capitalisme et non une dérive qui lui serait étrangère. Ou bien imaginez que je dise « Ah mais non, l’élimination des juifs et des handicapés n’a rien à voir avec la nazisme, les camps de la mort sont une dérive du nazisme, à la base le nazisme c’est vachement bien », je me prendrais un méga-procès au cul, et ce serait normal !
    Bah voilà, c’est exactement la même chose. Sauf que, par je ne sais quel mystère, le communisme se trouve toujours des millions d’excuses pour éviter de regarder son bilan droit dans les yeux, qui est le plus criminel jamais généré par une société, qui plus est par une société civile sur des sujets civils.

    « Ah oui mais c’est la faute à Staline ». Foutaises. Dès les premières semaines de la révolution la terreur était déjà mise en place, avec sa police, sa délation, ses déportations de masse et ses massacres de masse. Staline n’a fait qu’accélérer et durcir le mouvement, mais n’a rien changé à ce qui existait dès 1918.

  7. Fromageplus nous dérivons de l’article initial, je vous invite à lire les théoriciens du communisme, les mises en gardes anarchistes, la différence entre le bolchévisme, le léninisme-marxisme et le communisme. Vous ne le ferez pas (et vous avez raison c’est indigeste) mais tout cela est bien plus complexe. Tout comme ceux qui ont fabriqué Jésus avaient un message théorique, qui une fois mis en pratique, c’est à dire une fois utilisé comme vecteur de pouvoir (revenons à Constantin) est totalement perverti et on réalise alors que ce n’est qu’une théorie. Le problème fondamentale du communisme, et c’est bien pour ça que les anarchistes se sont détachés des internationales (Querelles Bakounine/Marx), c’est qu’il ne règle pas la question du pouvoir. La théorisation de la dictature du prolétariat est déjà l’anti-thèse d’une théorie de libération. Ce que je souhaite mettre en avant, c’est que tout n’est pas à jeter dans le communisme. Comme dans le christianisme. Mais le problème vient de l’utilisation d’une foi (communiste ou chrétienne) comme vecteur de pouvoir sur les autres: tu dois penser comme moi parce que je veux le salut de ton âme (version chrétienne/musulman/raelienne/scientologue – oui pour moi une religion est une secte qui a réussi) ou je veux te libérer de tes oppresseurs (version communisme/capitalisme/libéralisme). Communisme et christianisme (comme nazisme, capitalisme, monothéisme etc…) veulent une purification de la société: éliminons les bourgeois/juifs/franc-maçons/athées/croyants et la société en ressortira revigorée et surtout pure. Vous dites des choses vraies mais amalguamés: Le Marxisme-léninisme est une interprétation du communisme. C’est comme si on disait que les protestants, catholiques, orthodoxes, maronites, coptes, c’est kif kif bourricots. Non ils procèdent d’une même souche mais ils sont marqués par les cultures qu’ils ont rencontrés.

  8. Quant au « million de morts » (qui ne sont que « des gus » dans votre bouche, je salue le respect que vous avez pour les hommes les femmes innocents qui ont vécu l’enfer – je retiens votre humanisme), vous commettez une toute petite erreur : c’est au moins TRENTE FOIS plus. Petite erreur, hein, rien de grave. Si peu, oh la la, si peu, si peu. Une paille.
    Rien que la famine de 1921, bien avant Staline donc, famine orchestrée par le Parti et amorcée quelques années auparavant par la mise en application de la redistribution des terres et la collectivisation des moyens de production, a causé la mort de cinq millions de personnes. Cinq millions, quelques mois seulement après le passage de la théorie communiste à la pratique communiste. Joli score.

    C’est amusant, cette grande famine est très souvent absente des programmes scolaires. Forcément : le Parti a tout fait pour que ça ne se sache pas, et n’a donc pas appelé l’aide internationale. Il a laissé crever sur place des hommes, des femmes, des enfants, des vieillards, pour que personne ne puisse critiquer le paradis rouge. Et on ignore davantage que cette famine ne fut pas la seule, mais que des famines chroniques tuaient régulièrement par vagues, et que Moscou les organisait à des fins de terreur et de punition. Nos chers enfants n’entendent jamais cela dans leurs cours d’histoire. Pourtant c’est intéressant :

    Combien de Collèges Pablo-Picasso, de lycées Louis-Aragon, et autres groupes scolaires sont placés sous l’égide de sympathisants affichés de l’URSS ? Malgré son génie pictural, Picasso a peint un portrait-hommage à Staline et manifestait son soutien au communisme, et Aragon a écrit des textes apologétiques du Guépéou. Pourquoi pas un portrait de Himmler et un cantique de la Gestapo ? Quelle différence ? Je pose la question : quelle différence ? Les intellectuels et artistes français ont massivement soutenu ce régime sanguinaire, continuent à lui trouver des excuses et des qualités, mais tout le monde a l’air de trouver ça normal. Même des gens moins connus du public comme Gabriel Péri donnent encore leur nom à des institutions ou à des rues. Ce mec est allé à Moscou en 1922, et a manifestement eu l’air très satisfait de ce qu’il a vu, puisqu’il a continué à vouloir du communisme et à militer pour le communisme ! Il a trouvé que Moscou en 1922 était enthousiasmant, pendant que Djerzinski enfermait, torturait et envoyait des trains entiers pour les camps de la mort ! Mais M. Péri n’a rien vu, rien su, rien remarqué. Il n’était pas au courant. Tout avait l’air normal et florissant, magnifique et enviable. Moscou pilotait le PCF et finançait l’Humanité, M. Péri le savait très bien, mais tout était normal, tout allait bien. L’URSS avait un bilan « globalement positif », selon le mot de Georges Marchais.

    Mais d’où provient cette ardente passion pour la défense sans condition des idéologies de la mort ? Mystère. Franchement, je ne comprends pas. On connaît les méthodes, on connaît les chiffres, on a vu les dégâts, on sait que ça ne marche pas, on sait que les gens faisaient la queue devant des magasins vides, que les opposants disparaissaient du jour au lendemain, que les retards technologiques étaient criants, que la liberté d’expression n’existait pas, que le pays était complètement fermé, mais les gens continuent de défendre le système et d’adhérer au Parti Communiste. C’est absolument stupéfiant. Il faut qu’on m’explique, là. Ca me dépasse.

  9. Romain,

    Un dernier mot sur les théories politiques, après je reviens sur le christianisme.
    🙂

    Je n’ai aucune leçon à recevoir des anarchistes, pour la simple raison que les anarchistes n’ont jamais produit le moindre fruit. A part quelques fulgurances artistiques ou intellectuelles de-ci de-là, et toujours dans un contexte de société capitaliste – ce qui en dit long -, les anarchistes n’ont quasiment aucune oeuvre remarquable à leur actif. L’enclave de Christiania à Copenhague, par exemple, est une grande leçon de l’échec contenu dans le génome même de l’anarchie. Visitez-là si vous en avez l’opportunité, ensuite nous en reparlerons. Autre exemple plus concret : je me suis rendu l’an dernier à une petite réunion anarchiste à Lyon. Il y avait un petit barbecue organisé, et la pancarte affichait « barbecue halal ». Pour des gens qui n’ont ni Dieu ni Maître, franchement c’est à hurler de rire. Oui, je me rends dans des réunions anar ! Et aussi maçonniques quand j’en ai l’opportunité ! Je mets aussi les mains dans le cambouis, voyez-vous.

    Bien.

    La grosse différence entre les philosophes politiques et Jésus, c’est que Jésus n’est ni philosophe ni politique. La purification voulue par les sociétés socialistes (égalitarisme, collectivisme, phalanstères, familistères, kolkhozes,…) vise l’esprit et la chair du monde matériel. En guillotinant les aristocrates, en éliminant les ennemis du Peuple, en changeant le calendrier, en coupant la tête du Roi ou en fusillant le Tsar, en éliminant les races inférieures et les handicapés, on fera naître une humanité nouvelle, supérieure, débarrassée de la jalousie, de l’égoïsme, de la maladie, de la laideur, de la mesquinerie, etc.

    La purification voulue par Jésus est une rédemption visant à rejoindre l’au-delà, en comprenant que le monde matériel n’est qu’un passage, qu’il faut contribuer à améliorer car la Création nous a été confiée, mais envers lequel il faut cultiver le détachement car il n’est que provisoire.

    Les théoriciens du progrès nient la pertinence du Bien et du Mal. Jésus explique qu’il y a clairement une très grosse différence entre les deux.

    Les théoriciens du progrès croient que l’Etat est à même de résoudre tous les problèmes des gens (éducation publique, fonction publique, richesse publique, médecine publique, etc.). Jésus explique que l’Etat n’a aucun pouvoir sur les âmes, que l’individu est un être fondamentalement libre de ses choix, et que c’est une bonne chose.

  10. Merci Fromageplus, j’ai compris: vous n’aimez pas le régime soviétique, ça j’ai fini par le comprendre. Je ne vais pas essayer de vous faire admettre la moindre subtilité dans la compréhension du communisme, de l’anarchisme ou autre. Par contre, pour Jésus, je rigole: Jésus n’a rien dit, ni mais expliqué vu qu’on ne sait même pas si il a existé. Des hommes ont dit que Jésus avait dit que. Des hommes ont fait dire plein de choses à Jésus. Vous me parlez d’au-delà, de bien, de mal, vous me parlez de l’état qui est nécessairement un mal et puis phrase finale nous abordons la liberté de choix, qui est surtout une absurdité au regard des déterminants sociaux et structurels.
    Mais en fait notre dialogue va s’arrêter là car nous ne nous pouvons nous comprendre: vous croyez à la fable de Dieu et de la vie après mort. Moi pas. Vous pensez que nous sommes libre, moi pas. Vous semblez penser que seul les communistes et les méchants nazis veulent la purification, moi je pense que le nazisme n’est qu’une forme de religion honnête avec elle-même, c’est à dire qui met sa croyance en acte, c’est à dire l’élimination physique de ceux qu’elle considère comme impure. Pour vous le monde est un passage, pour moi il est tout ce que nous avons et que nous aurons. Nous sommes aux antipodes et notre discussion va vite tourner à essayer de convaincre l’autre de son « erreur ».
    Cependant je vous ai posé quelques questions précises et j’attends toujours mes réponses.

  11. Je viens de passer une demi-heure à vous écrire une réponse, et ce ****** d’ordinateur a planté.
    J’espère avoir la patience et le courage de tout reprendre…

  12. L’informatique serait il matérialiste ? L’esprit de Staline a encore frappé et censure même de l’au-delà ? Je compatis, quand cela arrive c’est rageant.

  13. Soyons plus précis : je n’aime AUCUN système socialiste, qu’ils s’agisse du socialisme soviétique, du socialisme national, du socialisme fasciste, du socialisme démocratique, du socialisme collectiviste, du Juche, du socialisme aux oligo-éléments autobronzants, du socialisme en slip ou du socialisme à roulettes.
    Ils ont mille subtilités, je n’en disconviens pas. L’enfer lui-même est empli de subtilités, et nous pourrions en discourir pendant des jours et des jours avec une grande érudition.

    Je réponds à vos questions, qui sont les suivantes :

    « Mais au final quel est le but de votre commentaire ? Nous démontrer que les religions sont maltraitées par les méchants athées Nous montrer qu’une certaine religion est maltraitée par d’autres religions avec l’aide de la complicité des instances européennes ? Nous inciter à chercher Dieu ? »

    Le but de mon commentaire, c’est d’apporter un peu de critique dans le concert unanime, univoque et enthousiaste de ce blog. Internet est un gigantesque espace de discussions ouvertes ; j’en profite donc pour aller voir ce qui se pense et ce qui se dit ailleurs que dans ma famille de pensée. Et puis dès que j’entends « les religions », je redresse mes oreilles comme un épagneul, et je vais voir ce qui se raconte. L’expression « les religions » a la faculté de faire entendre au lecteur que l’ensemble du fait religieux est une sorte de blob idéologique dans lequel tout est amalgamé de façon informe et indistincte.

    Si « les religions » sont maltraitées pour les méchants athées, c’est une bonne question. Car le sort accordé à « les religions » est très variable. A première vue, « les religions » sont un amas de croyances débiles, mais quand on se penche sur le détail, les réponses réelles varient.
    Ainsi, certaines bénéficient d’une franche bienveillance (le bouddhisme, le soufisme, très mode, très fresh, très tendance, très sympa, très bio, très nature) ; d’autres sont regardées avec la condescendance attendrie du touriste blanc éternel (le vaudou, l’animisme, le culte Rastafari, « complètement connectés aux forces primales et telluriques qui gisent en nous, tu vois, le sacré que nous autres modernes avons oubliés, et puis tu vois qu’il existe aussi des société matriarcales, c’est complètement génial. Et puis la force de la transe pour rencontrer l’autre monde, j’veux dire ») ; d’autres ne sont ni tout blanc ni tout noir (l’islam, le protestantisme, « à la base c’est complètement génial, ouvert sur la lecture critique et le libre arbitre, mais les fondamentalistes ont confisqué le truc et jouent sur les peurs et créent des haines fondées sur l’ignorance ») ; mais le pompon revient sans conteste à l’Eglise de Rome, « qui répand l’épidémie de Sida en Afrique, entretient des armées de pédophiles en soutanes, brime les pulsions naturelles des braves gens, cache des secrets inavouables dans ses archives cadenassées, est rétive à tout ce qui est progressiste comme les mères porteuses ou le mariage gay, a confisqué le message d’Amour du Christ qui n’a jamais voulu fonder de religion ni d’Eglise, a complètement soutenu le nazisme et organisé le massacre des peuples amérindiens, des trucs que personne ne répète jamais en boucle nulle part et qu’on n’entend jamais à la radio ou à la télé. »

    Donc, oui, je crois qu’il existe une sorte de « persécution soft » en continu contre le christianisme, et particulièrement contre le catholicisme, véritable bouc-émissaire de toutes sortes de gens pour toutes sortes de raisons. Le problème, c’est que tous ces gens en question ont une forte tendance à condamner en bloc sans avoir jamais lu le Nouveau Testament ni reçu de bases de catéchisme. Ou alors à raconter n’importe quoi sur fond de conspirationnisme ésotérico-gnostico-hollywoodien.

    Et pour répondre à votre dernière question : non, je n’incite pas à « chercher Dieu », mais à mettre les gens en face de leurs convictions pour comprendre ce qui se passe dans ce foutu pays en cette foutue époque.

  14. (Romain,
    Oui, c’est encore un coup de Staline ; il a toujours maîtrisé l’art d’effacer subrepticement ses adversaires !)

    • « Le but de mon commentaire, c’est d’apporter un peu de critique dans le concert unanime, univoque et enthousiaste de ce blog. »

      La, tu es dur. J’essaie d’etre le plus ouvert possible, je prensente divers types d’articles, qui abordent la question sous des approches differentes. Je n’ai pas l’impression de taper particulierement fort sur la religion. Attention de ne pas aller trop vite dans tes jugements.

      • Oh oui, ces hagiographies de Stéphane Hessel, complètement à rebours de l’air du temps, complètement iconoclastes. Oh oui, ce courage contre vents et marées. Bon, j’exagère peut-être un peu, mais je ne vois pas de différence fondamentale entre la ligne philosophique de ce blog et un autre média mainstream comme France Inter, par exemple.

        • Excuse moi, mais je ne comprends pas exactement ce que tu veux dire.
          Chacun est libre de ses convictions, et de ses opinions.
          Apparemment, nous ne partageons pas les memes puisque tu dis clairement que les articles que je propose ici s’inscrivent dans une logique de bienpensance moderne consistant a releguer la religion au banc des responsables de tous les maux de ce monde.

          Mais a par dire que nous avons tort de penser cela, que nous sommes dans l’erreur, et que la lecture de ce blog te procure de franches rigolades, que proposes tu pour tenter d’instaurer un dialogue ?
          La maconnerie a pour but de rassembler, et non pas de diviser comme pourraient le faire d’autres courants de pensee. Puisque ce blog est resolument maconnique, essayons de jouer le jeu du dialogue, et cessons de demontrer que le titre de ce billet est resolument le bon.

  15. Guizmo,

    Soit, je m’emporte un peu. Désolé.

    Mais nous prouvons bien ici que le Dialogue en tant qu’idéologie est une impasse. Si je dis « Bleu » et que vous dites « Rouge », nous aurons vite fait d’épuiser le Dialogue. A part nous féliciter cordialement pour nos convictions respectives (et encore), nous n’irons nulle part. Surtout si ni vous ni moi n’avons envie de faire du violet. On peut rassembler tout le monde si l’on veut, vient toujours un moment où les désaccords priment sur le voeu pieux de l’unité.

    D’autre part, je trouve la Maçonnerie un peu gonflée de donner des leçons de Dialogue : qui peut entrer dans une loge et venir discuter avec des maçons ? Tellement peu de gens que j’ai envie de dire « personne ». Dialoguer entre maçons, la belle affaire. Sans vouloir jouer les études comparatives, il est très facile de discuter avec un chrétien, par exemple, il suffit d’entrer dans une église, d’aller écouter un sermon le dimanche, de contacter un groupe de catéchèse. Une église est ouverte à tout le monde, croyant ou non, baptisé ou non. Une association chrétienne tient sa permanence ouverte et agit au grand jour. Mais une loge ? Comment peut-elle rassembler, si elle ne rassemble que des initiés ? Comment peut-elle dialoguer, si elle est fermée au public ?

    • « D’autre part, je trouve la Maçonnerie un peu gonflée de donner des leçons de Dialogue ».

      Ce n’est pas la maconnerie qui parle de Dialogue, c’est moi. Je ne suis pas la maconnerie, je ne represente pas la maconnerie, et la maconnerie ne s’exprime pas unanimement a travers les macons, de toutes facons.
      En ce qui me concerne donc, et pour te repondre, je me fais justement un devoir depuis pas mal de temps de faciliter le dialogue entre macons et profanes, justement dans le but de casser cette image que tu decris.
      Que faisons nous ici si ce n’est discuter entre profane et macon ?
      J’ai ouvert un forum voila plus d’un an sur lequel les profanes sont invites a venir poser toutes les questions qu’ils veulent sur la maconnerie, ou partager leur reflexions sur divers sujets, qu’ils soient politiques, culturels, ou philosophiques.
      J’ai ici mis en place un systeme tres facile de commentaires, un outil specifique pour poser des questions en dehors des articles, ainsi qu’une messagerie privee et un tchat pour les inscrits aux blogs.
      Ne me dis pas que le dialogue est coupe ! 🙂

  16. Fromageplus, J’ai déjà répondu quand mes croyances: matérialisme et hasard. Athéisme et immanence. Libertaire par essence car je vois chaque jour les ravages du pouvoir. Me voilà face à mes convictions et je les assume. Quand à comprendre l’époque, qui peut prétendre comprendre son époque ? Pas moi en tout cas. J’en perçois des bouts, au travers de mon prisme, je fais ce que je peux avec des pensées que je dois parfois affirmer comme conviction, même si je sais que les fondations sont branlantes. C’est ainsi que j’assume ma nature relativiste. Ceci étant dit, je dois dire, contrairement à Guizmo qu’il existe chez certains maçons (beaucoup) une espèce de tendance à la supériorité. Mais ils ne sont pas les seuls.

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