Le bilan de Guy Arcizet, GM du GODF

Guy Arcizet, l’actuel Grand Maître du Grand Orient de France a été l’invité de l’émission « Divers Aspect de la pensée contemporaine », sur France Culture.
Quelques jours avant le convent qui déterminera par un vote qui sera le prochain Grand Maître du GO, Guy Arcizet dresse le bilan de ses 3 années à la tête de l’obédience.


Publicités


Catégories :Actualités

Tags:, , ,

15 réponses

  1. Bon alors, Romain, tu préfères Guy à Alain ?
    😀

  2. Bonsoir
    Je vais faire plus court. Pour moi le bilan de Guitou n’est pas terrible. Je n’ai pas pu suivre l’intégralité de ses interventions mais celle que j’ai eu le malheur de suivre m’ont gonflé au plus haut point. Mon bilan personnel avec lui est: je me suis désabonné de la newsletters du GODF, refusant de recevoir à intervalle régulier des mails m’indiquant que Guitou avait causé dans le poste, dans un journal, avait une petite flatulence à 22h32, un bouton sur la fesse gauche ou encore une légère migraine. Si je veux des nouvelles de Guitou, je vais sur son blog.
    J’ai aussi détesté la façon dont il n’a parlé que du caractère sociétale du GODF et le travail en sous-main pour faire passer le GODF pour une annexe du parti Socialiste. Il existe au GODF des maçons « mixtes », j’entends par là des maçons qui aiment le symbolisme, la recherche spirituelle, l’interrogation existentiel ET qui essaye de lier cela avec la réalité qui les entoure. Je n’aime pas la façon dont la dimension symbolique a été gommée du discours de Guitou. Je ne lui demandais pas de se répandre en phrase sibyllines et énigmatiques comme certains maçons le font histoire d’en mettre plein la vue de ces crétins de profanes mais je demandais juste une mention de cet aspect de notre obédience: la rigueur rituelique, la recherche philosophique ou même l’interrogation spirituelle. Et quand j’entends la politique qu’entend mener le GODF, je vois une belle assemblée de bon bourgeois bien pensant, accroché comme des moules à « la république » et à la laïcité, sans même être capable de dénoncer la reproduction des élites ou la fausseté de notre démocratie mafio-capitaliste. Les anarchistes, tout aussi débiles qu’ils peuvent être parfois, ont milles fois plus d’idées pour changer le monde que toute cette puissance pro-républicaine réunie.
    Et puis après c’est sympa de nous faire un bilan, il aurait été encore plus sympa de nous présenter un programme.

    Pour te répondre, je n’ai pas de préférence. Les instances sont un mal nécessaire pour assurer la cohésion de l’obédience. Mais pour devenir GM, combien de coup tordus, combien de « meurtre symbolique », combien d’années de magouilles ? Et puis c’est bien de nous parler d’égalité, de fraternité mais pourquoi fallait il prévoir 15 maitres maçons pour l’entrée du GM lors d’une tenue blanche ouverte (heureusement il est pas venu) ?

    • Oui, c’est vrai que Guy Arcizet aura eu tendance à monopoliser les médias, pour tenter de faire passer le GO comme LA maçonnerie en France, et surtout comme une maçonnerie essentiellement sociétale, voir politique. Il faut dire à sa décharge que son mandat est tombé en plein sur les présidentielles, et que celles-ci ont été gratinées en matière de glissement et d’entreprise de séduction du FN.
      Il était d’une certaine façon normal à mes yeux qu’il y ait des interventions.
      Là ou cela m’embête, c’est qu’en multipliant ses « prises de position », le GM donne l’impression de parler au nom de tous les FF.’. de l’obédience, ce qui est une absurdité, et contraire à nos principes. La maçonnerie, et a fortiori le GODF n’est pas une structure pyramidale dont « la pensée » peut etre ramenée aux positions d’une seule personne.

      Pour ce qui est du symbolisme, rares sont les GM du GO qui ont vraiment appuyé dessus, pour mon plus grand désespoir d’ailleurs. Ne peut-on pas mettre cote à cote symbolisme, spiritualité, et laïcité, adogmatisme ?

  3. Voila qui me fait plaisir à lire. Mes amis du GO de ma province ne sont donc pas les seuls à penser comme vous.
    Il faudrait que vous changiez le mode d’élection du GM en le rendant plus démocratique, autrement dit en laissant les décisions au Convent et à vos députés. Bien sur, ce n’est pas parfait, comme notre démocratie, mais ainsi « le peuple » est tout de même mieux représenté. Actuellement, vous ressemblez plus au Sénat qu’à l’Assemblée nationale.
    @+

  4. Je vais répéter ce que j’ai déjà écrit ailleurs : « Sans parler de « Guitou », j’ai déjà entendu « Jean-Mich » répondre par l’affirmative à ma question : « Le GO est-il de gauche ? » Et d’ajouter que le maçon du GO est un sentinelle de la République. C’est marrant, moi, je vois pas du tout le rapport avec la maçonnerie, mais bon… »

  5. Le coté « Sentinelle de la République » dont parlait JM Quillardet ne me dérange pas. Je trouve malhonnête de dire que la maçonnerie et la vie dans la société n’ont rien à voir. C’est faux. La maçonnerie, même si c’était essentiellement à travers le GO et donc devrais-je dire « une partie de la maçonnerie », a oeuvré pour la République, essentiellement sous la IIIème, certes, mais quand meme.
    Le GO a la particularité, en plus de ne pas demander la croyance au GADLU, de traiter de sujet de société. Certaines loges s’en sont fait leurs spécialités, ce qui appuie bien les différences avec les autres obédience, d’autres préfèrent trouver un équilibre entre le symbolisme et le sociétal. En gros, si le symbolisme et le travail maçonnique nous permettent d’affûter nos façons de penser et nous livrent les outils pour effectuer une réflexion, pourquoi ne pas mettre cette faculté de réfléchir au service des sujets de société ? Le GO, d’ailleurs, n’est pas du tout la seule obédience à le faire.

    Tous les maçons partagent normalement les valeurs de la République Liberté, Egalité, Fraternité. Le GO, c’est vrai, s’est fait un point d’honneur de les faire comprendre, accepter, et appliquer. Et les maçons du GO, pour la plupart, choisissent cette obédience aussi pour son implication « concrète » dans le débat sociétal et cet attachement à la République, à travers les questions à l’étude des loges par exemple.

    Je suis personnellement pour un équilibre entre le symbolisme, qui m’intéresse beaucoup, et le sociétal, qui me semble être l’endroit ou notre capacité de réflexion doit être utilisée.
    Il serait quand meme franchement naïf de dire que la République n’est pas malmenée, y compris par ceux qui sont censés la représenter. Que le GO et ses membres « veillent » et fassent savoir lorsqu’il y a des dérapages ne me semble pas incompatible avec le rôle de la maçonnerie.
    Ce qui est dommage à mon sens, c’est qu’un GM s’exprime au nom de 50 000 FF. Je préférerais que chaque frère s’exprime personnellement.

  6. Pour les profanes qui sont abonnés à cette discussion, lorsque Romain dit « Je ne lui demandais pas de se répandre en phrase sibyllines et énigmatiques comme certains maçons le font histoire d’en mettre plein la vue de ces crétins de profanes … » ce n’est pas un jugement personnel sur les profanes, mais une projection que font certains maçons sur les non-maçons.

    Alors qu’un des principes de base est le bien de l’humanité, certains ont un peu perdu de vue qu’ils ne sont pas dans un service club qui glorifie leur égo, mais bien dans un groupe de personnes qui doivent commencer par travailler sur elles-même afin de pouvoir s’ouvrir aux autres. Mais bon, nous sommes humains avec nos dérives, diront certains … justement, essayons de rester fidèle à nos symboles du mieux que nous le pouvons sans nous croire une élite au-dessus d’un pseudo panier de crabes.

    Pour les crabes qui nous lisent … oui, bon, ce sera dans un autre commentaire.

  7. Pour l’instant je ne connais aucune obédience où les futurs grands maître présente un programme. Si vous en avez connaissance, je suis preneur.

  8. Je m’interroge depuis hier sur ce que tu viens de dire Romain. Un programme pour une élection de GM ?
    Je poserais donc une autre question : le role du GM doit il etre purement administratif, pour gerer l’association ? ou bien doit il s’impliquer sur d’autres niveaux ?

  9. @ Guizmo :
    Il y a deux choses qui me gênent, dans « sentinelle de la République ». D’abord, le mot sentinelle emprunté à la sémantique militaire. Ensuite le mot République qui, s’il faut admettre qu’elle a apporté un mieux incontestable à l’Ancien Régime, n’est pas un système parfait ou qu’il ne faudrait parfaire que par la réforme. Je suis attaché à la notion de démocratie dans la vie civile, pas à la notion de république qui n’est qu’une forme, parmi d’autres restant à inventer, de son expression. D’ailleurs, tu dis toi-même « la vie dans la société. » Dommage que le GO résume l’unique perspective de la société à une forme républicaine. De plus, je trouve que défendre un truc qui était bon en 1789, juste parce que c’est notre héritage culturel… c’est lourd à porter ! Enfin, je considère, mais là, c’est très personnel, que la FM n’a rien à faire dans les questions sociétales. C’est très personnel, je le répète, mais je n’envisage le travail maçonnique que sur le plan symbolique. A chaque individu maçon d’en faire émerger quelque chose dans les structures de la vie civile auxquelles il adhère (association, mandat électoral…). Mais pas de mélange des genres. La FM est pour moi une quête spirituelle (bien qu’athée pur jus) et non politique ou sociale (il y a des espaces dédiés pour cela). J’ai du mal à comprendre en quoi le tablier et les gants trouvent leur utilité quand on planche sur le clonage des cellules souches ou sur l’adoption homoparentale. De plus, c’est un bâton bien costaud tendu à tous les anti-maçons de base. Donc voilà pourquoi « sentinelle de la République » n’a rien, mais alors rien à voir avec ma vision de la franc-maçonnerie. Mais bon, la tolérance est ma compagne. ;o)

  10. Je comprends ce que tu veux dire, mais j’ai l’impression que tu fais fausse route sur l’aspect sociétal du GO.
    Je ne peux évidemment pas parler au nom de l’Obédience, et je sais que les loges sont toutes différentes, mais dans la mienne, lorsque l’on aborde une question dite de société, nous le faisons avec une approche maçonnique, à l’aide des outils propre à la maçonnerie.
    Nous ne cherchons pas en loge à débattre de la meme manière que si nous étions à l’extérieur du temple, sinon effectivement, cela n’aurait aucun sens. Mais si la méthode maçonnique nous permet d’aborder des sujets de philosophie, il suffit de ramener un problème de société à un problème philosophique pour que l’on puisse le traiter en tant que maçons.
    Et ça, ce n’est pas difficile.
    Si l’on veut parler du clonage des cellules souches, on peut le faire d’un point de vue scientifique, sociologique, éthique, ou philosophique.
    Je suis très attaché au symbolisme, et je suis pour un bon équilibre entre les styles de travaux. Dans ma loge du GO, nous avons autant parlé de symbolique que de sociétal. Et pour en avoir parlé avec un ami de la GLDF, nous avons traité plus ou moins des memes sujets finalement.

  11. @ Tao
    A te lire, j’ai l’impression que tu envisages l’existence avec la possibilité de « cases » bien séparées. Pour ma part c’est impossible. Rien n’est isolé dans notre existence. Il n’y a pas d’un côté le monde et de l’autre moi. Le monde et moi sommes liés. Nous sommes tous liés. Il y a un rapport de tous avec tout. Les chrétiens, les platoniciens et toute la pensée monothéiste est baignée de cette division entre l’âme et le corps, entre l’immatériel et le matériel, entre le monde d’après et le monde de maintenant. Ma réaction à un symbole, ma résonance avec ce symbole est issue de ma vie, de mon environnement, de mon éducation, de mon système nerveux, de mon pays, de mon éthique, de tout ce ce que je porte. Je ne peux regarder le haut si je n’ai pas conscience du bas. Le fil à plomb nous rappelle que si le haut du fil à plomb tend vers l’immensité de l’espace, le bas est centre même de notre terre. Que l’un sans l’autre cela n’a pas de sens. Que tu pourras planer dans toute les abstractions que tu veux, tu n’empêcheras pas ton corps d’être le réceptacle de ton esprit. Que sans le monde matériel, on ne peut conceptualiser l’immatériel.
    La maçonnerie, en tant que société initiatique peut elle se séparer du monde, sous prétexte que les hommes d’aujourd’hui ne savent plus s’écouter et s’accepter ? Ne pas faire entrer en loge religion et politique est ce parce que cela va créer du conflit ou que nous sommes trop habitués à régler un conflit par l’existence d’un vainqueur et d’un vaincu ?
    Et quand à ce que pense les anti-maçons, qu’est ce qu’on en a à faire ? On ne les fera pas changer d’avis. Quand à ceux qui se posent des questions, ils ont désormais (et ce blog en fait partie) de plus en plus de source d’information pour interroger.
    A titre personnel, je n’ai plus peur du monde. Il me m’emmerde souvent mais je n’ai plus peur de lui. Il peut venir en loge (et il est souvent là), au contraire, un dialogue va s’établir. La loge nous offre cet espace pour prendre du recul. Elle nous protège le temps d’une tenue. Profitons en !

  12. J’aime bien ce que tu dis.

  13. Si mon discours laisse entrevoir un carcan de « cases », je m’en désole. Je parlais plutôt d’espaces effectivement différents, mais dont je considère tout à fait qu’ils peuvent être liés les uns aux autres. Je suis un fervent matérialiste très peu enclin aux théories platoniciennes, chrétiennes ou hégéliennes. Je partage entièrement tout ce qui est dit dans cette tirade sur la vision du monde de notre ami Romain. Mais tout de même. Si la FM n’a pas vocation à se séparer du monde, elle a selon moi vocation à s’en tenir à distance pendant ses tenues pour créer l’espace sacré qui permettra l’émergence d’une élaboration distincte de celle qui émergerait dans le monde profane. J’ai dit que la tolérance me guidait quant aux sujets sociétaux. Seulement il me semble, personnellement, un peu « gâché » d’utiliser l’espace de la tenue pour ces derniers (mais je suis sûr que l’avenir me détrompera 😉 ) ! Faire entrer le trivial du politique ou du sociétal, même quand on a appris à débattre dans la tolérance, je trouve cela peu pertinent. Et le lien entre cet espace sacré et cet espace profane civil, c’est le-la maçon-ne qui le fait et qui permet qu’ils soient différents, mais pas imperméables l’un à l’autre. Ce que pensent les anti-maçons ? On s’en fout. Sauf quand ils s’appuient (pour les moins psychotiques d’entre eux) sur des faits isolés peu glorieux dont ils vont supputer la généralité (GLNF, affaires de Montgolfier, fraternelle parlementaire…). Je pense que les maçon-ne-s travailleraient plus sereinement et avec une bienveillance plus grande du monde qui les entoure si les sujets traités en loge n’étaient pas liés aux débats parlementaires passés, présent (cf. l’édito-scandale du Ouest-France de ce jour) ou à venir. Qui se sentirait menacé par des personnes se réunissant pour parler de la symbolique de la truelle ? Pas grand monde. Quand on entend dire que l’on planche sur des sujets qui sont synthétisés dans des convents et dont les résultats sont envoyés aux parlementaires (dixit Jean-Mich’), sans pour autant partager les angoisses conspirationnistes, on comprend d’où elles émergent. Je n’ai pas peur du monde non plus (enfin je ne crois pas, faudrait que je creuse la question), mais je souhaite voir émerger une concorde. Et celle-ci passera tout d’abord par la remise en question des certitudes des maçons qui ont la balle dans leur camp pour faire de la pédagogie sur ce qu’ils font en loge, sans bien sûr en dévoiler les rituels où le contenu des débats. Il restera les psychotiques ? Et alors ? Que peut-on faire contre leur mécanisme de pensée… Si au moins on lève le doute chez les simples méfiants, on vivra (tous) plus apaisés. Travailler la symbolique en loge doit permettre au maçon qui sort des agapes de se servir de ce travail pour faire progresser l’œuvre sociale, sociétale, politique. Le lien, c’est lui. Il est la preuve qu’il n’y a pas de cases hermétiques ! Après, je n’irai pas pour autant prêcher l’interdiction du sociétal dans les loges, hein, chacun vient chercher ce qui l’intéresse en loge, et il en faut pour tout le monde. 😉

  14. Bon de toute façon Tao, tu as tort, j’ai raison. Voilà le lecteur averti……ha ha ha Non je rigole. Quelques réflexions
    – Même si la maçonnerie ne traitait que de la truelle, elle serait suspect. Depuis toujours mais plus particulièrement depuis les protocoles. Parce qu’avec la logique conspirationniste, même si on ouvrait toute grande les portes des temples, les anti-maçons les plus tapés, diraient « ça c’est ce que vous montrez, mais nous savons que vous vous réunissez secrètement ». Et si tu vis avec un anti-maçon, il te dira: « toi tu es un mec bien mais il y en a d’autres, qui t’utilise ».
    – Ce qui est transmis aux parlementaires. On oublie souvent qu’il n’y a pas que les maçons qui transmettent des rapports. Les parlementaires ils en recoivent plein d’autres. De partout et de tout le monde.
    – Et pour finir, après avoir passé plusieurs degrés, j’en suis arrivé à la conclusion que le débat sociétale et/ou politique ne pouvait avoir lieu qu’avec une solide formation symbolique. J’aurais presque envie de dire, uniquement au 3e degré (je dois encore réfléchir aux conséquences d’une telle décision). Sinon effectivement, sans l’outillage symbolique, sans la formation de l’esprit qu’apporte le travail symbolique, la maçonnerie n’est qu’un club comme un autre.

    Dans le fond on est d’accord. Pour moi les loges sont confrontés à une question qu’elle ne souhaite pas voir traiter: les relations de pouvoir au sein de la loge. Et justement le désaccord politique, religieux va faire ressortir ces relations.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :