Les Cisterciens

Voici une nouvelle semaine qui commence, et pour l’inaugurer, je vous propose une critique que nous a offerte notre ami Tao. D’ailleurs, à partir d’aujourd’hui, je vous invite à regarder le nom de l’auteur des articles, car  j’ai le plaisir de me faire dorénavant aider dans cette tache quotidienne !
Si vous aussi, vous voulez partager des choses, n’hésitez pas ! Tao, à toi la parole !

Les ordres monastiques catholiques m’ont toujours intrigué. Parmi eux, l’un en particulier a toujours suscité plus de curiosité que les autres : l’Ordre Cistercien !

Rédigée au VIe siècle par le Père de l’Eglise Benoit de Nursie, la Règle de l’Ordre de Saint-Benoît avait pour objectif de fournir aux premiers moines chrétiens un mode d’organisation équilibrée de leur vie quotidienne en communauté ainsi qu’une vision de la spiritualité qu’ils voulaient défendre. Benoit de Nursie voyait ce quotidien organisé autour de la prière d’un côté, avec des journées rythmées par huit messes, et le travail manuel de l’autre, avec des activités agricoles et/ou artisanales le reste de la journée. L’Ordre de Saint-Benoît a connu un âge d’or avec l’avènement de la puissante abbaye de Cluny et de sa descendance clunisienne à la fin du XIe siècle. L’argent du succès affluant, le travail manuel était de plus en plus délaissé, tout comme l’idéal de dénuement originel. Devant tant de richesse, trois moines bénédictins clunisiens, Robert de Molesmes, Albéric et Étienne Harding ont fondé en 1098 à Cistel (Cîteaux en ancien français) un nouveau monastère qui reviendrait strictement à l’application de la Règle de Saint-Benoît. C’est ainsi que naissent les Cisterciens dont l’Ordre trouvera un essor incroyable au XIIe siècle avec l’arrivée de Bernard de Clairvaux.

Le présent livre se compose d’un premier chapitre retraçant l’histoire du monachisme des premiers temps à Cluny, puis l’histoire spécifiquement cistercienne jusqu’à l’apparition au XVIIe siècle de l’Ordre de Cîteaux de la Stricte Observance plus connue sous le nom de Trappiste et qui, à son tour, prônait un retour à la lettre de la Règle qui avait de nouveau été perdue selon eux. Un deuxième chapitre plus long (les deux-tiers de l’ouvrage) liste les abbayes cisterciennes selon leur ascendance avec textes historiques et photos. Les photos qui parsèment la lecture de ce livre sont d’ailleurs superbes, tant par leur point de vue que par leur qualité d’impression et constituent un vrai plus. A la fin de l’ouvrage, une carte d’Europe marque la présence des abbayes cisterciennes par couleurs, toujours selon leur ascendance.

J’ai pris un véritable plaisir à dévorer le premier chapitre de ce gros livre de plus de 300 pages sur l’histoire de l’ordre. La rédaction est aisée et le fond assez exhaustif et documenté. On regrettera cependant qu’un accent plus fort n’ait pas été mis sur la responsabilité de Bernard de Clairvaux dans le lancement de la deuxième croisade. La mention est plus que discrète et mériterait approfondissement. Je n’ai pas lu tout le second chapitre, mais j’ai pu choisir, en feuilletant, quelques abbayes dont je voulais approfondir mes connaissances. Cependant, j’ai pris le temps de découvrir l’intégralité des photos présentes dans cette partie. Bref, un ouvrage de référence pour tous ceux qui, comme moi, sont passionnés par cet ordre dont le dénuement architectural est fascinant (c’est surement ce qui m’a amené à éprouver de l’intérêt pour eux).

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2 réponses

  1. Bonjour @Tao !
    Merci pour cet article sur les Cisterciens. Je n’ai pas d’intérêt particulier – en ce moment en tout cas – pour cet ordre monastique. Mais ce que j’apprécie dans ton initiative, c’est le souci d’ouverture culturelle sincère à l’adresse de ce qui n’est pas maçonnique. Notre Maison a un très sérieux besoin d’oxygène. Ton intérêt pour Michel Onfray – que je partage – t’exonère de l’éventuel soupçon, si fréquent en Maçonnerie, du complexe spirituel vis à vis de l’hégémonie religieuse. L’oxygène philosophique manque aussi cruellement en Maçonnerie où l’on confond parfois une fonction libératrice de la pensée avec certaines caricatures médiatiques (le crétin de BHL par exemple).
    Ceci étant, le compte rendu d’ouvrage requiert quelques exigences ; qu’au nom de la fraternité je m’autorise à rappeler. D’abord être patient – “Je n’ai pas lu tout le second chapitre” – et attendre d’avoir tout lu avant de rendre compte (car on peut avoir de mauvaises surprises en fin de parcours).
    Préciser qui rédige et qui publie. Aucun point de vue n’est jamais totalement neutre. Tu as affaire ici à une publication pro-catholique. Ça ne nous détournera pas du bouquin ; mais cela nous permettra de comprendre ta très pertinente observation : “On regrettera cependant qu’un accent plus fort n’ait pas été mis sur la responsabilité de Bernard de Clairvaux dans le lancement de la deuxième croisade.” Ça n’est pas en lisant quelqu’un qui s’affiche “catholique” que l’on comprendra objectivement les Croisades. Ni avec un musulman proclamé. Mais en allant vers les historiens sérieux qui ne sortent pas de leur domaine scientifique.
    J’ai trop parlé. Cordialement à toi.

  2. Je prends bonne note de tous ces conseils et tenterai de les appliquer la première fois. Un seul point, cependant, ne pourra être satisfait : la lecture du second chapitre. Je ne pense pas que je le lirai intégralement. Je le considère un peu comme une encyclopédie, un dictionnaire, ou un manuel. On le feuillette à l’occasion, sans le lire d’une traite, du début à la fin. Un peu comme la Bible, en sommes 😉 Merci de l’intérêt que tu portes à l’amélioration à venir de mon travail. Car ça donne envie de progresser ! 😉

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