Le moine et le vénérable / Christian Jacq

Le moine et le vénérable est le premier roman de Christian Jacq que je lis. J’entends déjà s’élever les voix disant que c’est une perte de temps que de lire cet auteur maléfique qui a tant fait parler de lui pour de bonnes ou de mauvaises raisons. Pourtant, j’ai quand même eu envie de savoir ce qui se cachait dans ses pages. Alors, comme on me l’avait conseillé, je me suis plongé dans cette histoire qui raconte le séjour mouvementé d’un moine bénédictin, et celui d’un vénérable d’une loge maçonnique,  obligés de vivre cote à cote alors que tout les sépare, pour tenter de survivre dans l’horreur d’une forteresse nazie qui les retient prisonniers parmi plusieurs centaines de personnes, dont des astrologues, des voyants, et les membres de la loge « Connaissance », gardienne du secret du Nombre.

Ce court roman se lit très vite, et autant dire que je n’ai pas été très emballé par le début. Christian Jacq dépeint une maçonnerie complotiste, affairiste, sans jamais vraiment chercher à expliquer ce qu’elle est réellement. J’en suis venu à me demander à plusieurs reprises s’il savait vraiment de quoi il parlait. Et puis au fur et à mesure, je me suis laissé embarquer dans ce huis clos, et j’ai tourné les pages, les unes après les autres jusqu’à la fin. Je n’ai pas trouvé qu’il y avait un très grand suspens, ou qu’on y apprenait quoi que ce soit de très intéressant. On suit un groupe de maçons enfermés dans leur cellule, séparés de leur vénérable envoyé travailler à l’infirmerie comme médecin. On évoque les rapports difficiles qu’il peut y avoir entre un Benedictin et un Franc-macon, et l’horreur d’un camp nazi.
Au final, le roman se termine sans grande surprise, et laisse le gout d’un livre qui aurait gagné à être fait en film. C’est une histoire qui s’adapterait très facilement, et qui s’appuierait mieux sur des images, plutôt que sur des mots.

Je vous le conseille quand même comme roman à emporter en voyage, pour lire sur votre chaise longue, en sachant par contre que vous n’apprendrez rien de très intéressant, ni sur l’ordre des Bénédictins, ni sur la Franc-Maçonnerie.

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Catégories :Actualités

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15 réponses

  1. Bonjour,

    Amateur de thriller et de policier, ce livre fait partie d’un de mes premiers livres lus dès mon entrée en FM.
    Je suis tombé dessus par hasard et je dois avouer que j’ai dévoré ce livre d’une traite.
    Ce livre montrer clairement l’abnégation de la FM part l’église. Et ceci pour des raisons que tout le monde connait sur le côté obscur de la FM
    Le message qu’il faut retenir dans ce livre est le fait que deux hommes que tout séparer au début se retrouve à s’entre aider pour sauver leur âme et celui des autres en s’aidant en tant qu’homme et on se portant assistance mutuellement.

    Je pourrais en parler pendant des heures, mais je vous le recommande fortement.

    jaybolo

  2. je « plusois » 🙂 Très beau livre.

  3. Bonjour,
    j’ai aussi lu ce livre en quelques jours, conseillé par un ami et frère. Double révélations car première lecture maçonnique en pleine démarche de réflexion 😉
    J’ai adoré la rencontre de ces 2 mondes différent et qui s’opposent par préjugé et à la fois si proche, réunis malgré eux dans l’adversité suprême, où les 2 vont plus ou moins facilement à la découverte de l’autre.
    J’ai trouvé que l’ambiance était bien rendue, avec quelques entre-ouvertures de rideaux plus claires maintenant.
    Et oui ce roman pourrait être adapté au cinéma.

    Laurent

  4. J’ai l’impression finalement que je suis le seul a avoir été déçu par ce livre. Zut alors, serais-je passe a cote de quelque chose ?

  5. Je vous propose un commentaire que Jean Laurent Turbet a publie sur Facebook, a propos de ce billet.

    Le Vénérable dont il est question dans le livre de Christian Jacq se nommait, dans la vraie vie Edouard-José Laval. Il n’était pas VM d’une loge « spéciale » comme dans le roman.
    En effet José avait été initié en 1926 au sein de la R :. L :. « Minerve » numéro 410 (créée en 1909) de la Grande Loge de France à l’Orient de Paris. Au sein de Minerve, il occupe successivement tous les plateaux dont celui de Vénérable Maître, à plusieurs reprises. Il fut même par la suite Grand Hospitalier de la Grande Loge de France pendant six années.
    En 1928 il s’installe à Presles dans le Val d’Oise à 30 kms au nord de Paris. En 1933, sous couvert et à l’aide du camp d’éclaireurs qu’il a créé, « la Commanderie », sa demeure deviendra une véritable plaque tournante au service des juifs allemands qui fuient le régime nazi pour la rejoindre l’Amérique.
    Dès 1940, José LAVAL entre dans la clandestinité en devenant, avec sa mère, un agent de renseignements au service de la France libre. En mai 1941, il passe à l’action en formant le réseau de résistance «Turna vengeance» essentiellement composé d’éclaireurs et de preslois bien connus déjà pour leur engagement. Il est arrêté en 1943 à Courbevoie. Il sera torturé puis déporté à Buchenwald. Tandis que sa mère sera laissée pour morte.
    C’est à Buchenwald que Laval rencontra un prêtre et tous deux firent un vœu, l’un de bâtir un temple, l’autre une chapelle s’ils arrivaient à surmonter l’ultime épreuve de ce camp de la mort. Et, au lendemain de ce cauchemar, avec cet attachement d’homme ayant connu l’essentiel de la vie, ils réalisèrent chacun leur vœu.
    Et pendant près de 25 ans, en communion de pensées avec les constructeurs de cathédrales, José Laval bâtit son œuvre, véritable chef-d’œuvre maçonnique, où il a d’abord fallu creuser pour asseoir en toute sécurité ce qui deviendra la «Commanderie».
    Une rue de Presles porte aujourd’hui le nom d’Edouard-José Laval. C’est cette rue qui mène à son ancienne maison et aujourd’hui au temple qui abrite la R :. L :. « Les fils de Demeter » de la Grande Loge de France N° 809 (créée en 1968).
    Les plus anciens se rappellent de Saint-Jean d’été réunissant plus de 3000 personnes dans une immense chaîne d’Union à la Commanderie…
    Jean-Laurent Turbet

    • Bonjour,
      Je suis apprenti et notre Surveillant de colonne nous l’a recommandé. Un peu sceptique au début sur le choix de cet auteur, je me suis vite laissé embarquer dans cette histoire qui, je dois l’avouer, m’a beaucoup touché.
      Comme quoi, l’amour de son prochain peut rapprocher deux personnes que tout oppose !

  6. J’ai lu ce livre quand j’étais encore profane il y a … très longtemps déjà.
    J’avais été sollicitée depuis quelques années, mais le côté establishment, lobby et copinage ne m’avait pas donné envie.
    Et puis j’ai lu ce livre qu’un vieux Maçon lisait avec régal et m’a donné. Certes, je savais bien que c’était romancé (même si certains faits étaient réels), mais je n’ai pas boudé mon plaisir et je l’ai lu en deux coups de cuillers à pot.
    Bien sur que cette lecture ne m’a rien appris sur le secret maçonnique ni sur les tenues et cérémonies, car tout est flouté, mais elle m’a donné envie d’y aller.
    En effet, j’ai vu les messages que j’attendais : tolérance, persévérance, fidélité, courage, abnégation, dialogue…
    Alors, j’ai fait ma demande.
    Le temps a passé, et je reste reconnaissante à ce livre. Depuis je l’ai offert souvent aux profanes en recherche que je suivais ainsi qu’aux Apprentis dont j’avais la charge.
    Beaucoup ne retiennent que le Vénérable et le Bénédictin. Mais le Maître maçon également Compagnon du Devoir (ou autre ordre du Compagnonnage opératif, je ne me souviens plus de tête, mais peu importe), ainsi que le soldat de ce camp (qui était aussi Maçon au grade de Compagnon), sont aussi très marquants dans cette ouverture d’esprit et de cœur.
    Plus plusieurs acteurs de ce drame, tous aussi intéressants les uns que les autres, y compris le vilain Nazi.
    Pour finir ce long (trop long) commentaire, je le relirai de temps à autre jusqu’à la fin de ma vie, pour me requinquer dans les coups de blues maçonniques.
    (Ps : Je me fiche totalement que l’auteur soit critiqué ou encensé, ainsi que des procès d’intention contre lui. Moi j’ai aimé, j’aime et j’aimerai.)

  7. Je trouve quand meme que cette lutte entre le moine et le vénérable aurait pu etre beaucoup plus interessante, beaucoup plus riche. Je pense également les autres personnages auraient pu etre plus fouillés.
    En fait je sais. J’aurais adoré ce livre s’il avait été écrit par Umberto Eco.

    • C’est curieux ce que tu dis, car dans la foulée je suis allé me plonger dans « Le pendule de Foucault » d’Umberto Eco (qui m’a pris beaucoup plus de temps à lire, lol). Effectivement, écrit par lui on serait allé beaucoup plus loin. Cela aurait été beaucoup plus fouillé et tous les protagonistes décortiqués.
      Mais d’autre part, peut-être que le message essentiel (l’esprit maçonnique) aurait été aussi dilué???
      Si j’avais un mot pour définir ce message, ce serait celui de « Foi ». Et la Foi n’a pas de dogme ni de frontières. Les athées et les agnostiques ont aussi un Foi.

      Ps : j’ai aussi aimé le « Nom de la Rose ».

  8. Le Nom de la Rose fait partie de mes livres « en cours », j’en ai plusieurs comme ça. J’ai voulu lire le Pendule de Foucault, mais le matin, dans le métro bondé, c’était pas le mieux, alors j’ai arrêté au milieu. Je le reprendrai.
    Je voudrais aussi lire Le Cimetière de Prague.

    • T’en fais pas pour « Le pendule de Foucault ». Moi j’ai mis énormément de temps pour le digérer à petites doses, avec beaucoup de retour en arrière.
      Suis pas sûre d’avoir tout digérer, faut que je le relise.

  9. Arrête tu vas me tenter, et j’ai déjà un pavé de 1500 pages qui m’attend…

  10. Je l’ai lu il y a pas longtemps, d’une traite aussi.
    Ça ne m’a pas totalement renversé. Il met néanmoins le doigt sur l’antimaçonnisme et toutes les absurdités que l’on peut imaginer au sujet de la FM.

    Ça m’a amusé par contre de voir dépeint un moine limite violent, peu tolérant et qui rejette la maçonnerie et tout ce qui est hors de son dogme … mais pratique la radiesthésie et l’herboristerie !

  11. La radiesthésie, je comprends qu’on le cite quand on parle d’irrationalité… Mais l’herboristerie ? Quel rapport ?

  12. Ce sont les deux pratiques les plus connues des anciens sorciers de campagne, sourciers et autres coupeurs de feu…

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