Apprendre à vivre / Luc Ferry

Luc Ferry est un de ces philosophes médiatiques, que l’on croise souvent à la radio, ou sur un plateau de télévision. Que l’on partage ou non ses convictions politiques ( dans mon cas, ce sera non), ou que l’on considère, comme souvent lorsque l’on parle des philosophes contemporains, que son discours ne vaut rien, il fait partie de ceux qui cherchent à rendre la reflexion philosophique accessible au plus grand nombre. Et ça, j’aime.

J’aime, parce que la philosophie n’a pas à être compliquée dans la forme, dans le style, pour être profonde. J’aime, parce qu’on peut aussi dire qu’on apprécie la pensée ou la démarche d’une personne, avant que les pairs en la matière et le temps ne l’ai approuvée, nous garantissant ainsi de ne pas nous tromper, ce qui est plutôt rassurant. On sait aujourd’hui que Socrate, Kant, Spinoza, Heideger, ou Deleuze ont été importants, mais on se prononce beaucoup plus difficilement par rapport à un Onfray, Comte Sponville, ou un Ferry.

Quoi qu’il en soit, je crois que la philosophie doit être popularisée, et lorsque je vois un Onfray, oeuvrant au développement d’une Université Populaire, ou un Compte Sponville, faisant des conférences un peu partout, j’applaudis. La philosophie doit sortir des bibliothèques, elle doit s’émanciper en allant à la rencontre de ceux qui ne l’aurait a priori pas côtoyée naturellement. Et si je pense cela, c’est que je suis exactement dans ce cas.

C’est dans cette démarche que Luc Ferry a écrit son livre « Apprendre à vivre », une sorte d’introduction à la philosophie à l’attention des jeunes. Aujourd’hui, c’est la version audio de ce livre que je vous propose d’écouter, puisqu’il est disponible sur Internet. Dans ce livre audio d’un peu plus de 4h, Luc Ferry balaye la pensée philosophique, depuis les pré socratiques, jusqu’à l’époque contemporaine. Son discours est simple, clair, et pourtant aborde des questions essentielles sur lesquelles chacun d’entre nous mérite de réfléchir.
Je vous recommande donc vivement l’écoute de ce texte, d’une richesse indéniable.

Je vous mets le premier épisode :

1- Luc Ferry – Qu’est-ce que la philosophie ? par Philosophons
Tous les autres sont disponibles JUSTE ICI:

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10 réponses

  1. « J’aime, parce que la philosophie n’a pas à être compliquée dans la forme, dans le style, pour être profonde. »

    Ben là, je ne sais pas… Prenons les couples facile/compliqué et simple/complexe. Une tâche facile se réalise sans difficulté. Une tâche compliqué se réalise avec difficulté. Une tâche simple peut se réaliser seul. Une tâche complexe doit se réaliser à plusieurs. Après, on peut croiser. Une tâche peut être facile mais complexe, c’est à dire qu’elle doit être réalisée à plusieurs mais sans difficulté. Mais elle peut aussi être compliquée et simple, c’est à dire qu’elle peut se réaliser seul mais avec difficulté.

    Ceci étant posé, je ne vois pas où est le problème que la philosophie puisse devenir compliquée… Bien évidemment, il ne vaut mieux pas commencer par les concepts compliqués, mais par des concepts plus faciles et simples. Mais pour commencer seulement ! Le but étant de se perfectionner. Si un philosophe nous explique un concept compliqué et qu’il nous parait facile, c’est parce qu’il est un bon pédagogue. Mais ça ne rend pas le concept facile pour autant. Et peut-être que la raison pour laquelle on aborde cette difficulté plus facilement, c’est qu’avant d’y arriver, il a su nous enseigner, parfois sans qu’on s’en rende compte, des concepts plus faciles à notre insu et qui, une fois compris, nous ouvrent de nouvelles portes… plus compliquées. Vous me suivez toujours ? 🙂

    Onfray a justement dit que son objectif n’était pas d’offrir un enseignement forcément facile à aborder sous prétexte que son université était populaire. Pour lui, son rôle est de nous amener à aborder des concepts compliqués mais qui, une fois maîtrisés, nous permettrons d’être plus libres. Il prend l’exemple du vocabulaire. Il explique que l’utilisation d’un vocable spécifique n’est pas le fruit du hasard, qu’un mot est porteur d’une étymologie et d’un sens bien précis, et qu’il ne souhaite pas en utiliser un autre, plus courant, plus facile, sous prétexte qu’il sera plus abordable. Il précise justement que son travail sera de nous expliquer le sens de ce mot si on ne le connait pas, afin de pouvoir l’utiliser allègrement dans ses démonstrations qui seront pour le coup beaucoup plus précises et pertinentes.

    Donc voilà. Comme tout enseignement, je pense que la philosophie doit être progressive et suivre le rythme de l’apprenant.

  2. Ah mais Tao, je crois que nous disons la même chose. Lorsque je parle d’un discours complexe pour dire quelque chose de simple, je parle de tous ceux qui emploient volontairement des tournures alambiquées, dans l’espoir de donner une profondeur artificielle à leur propos.
    La profondeur de la philosophie, la difficulté de l’idée travaillée, n’est pas à mon sens liée à la complexité artificielle du discours.
    Je rejoins Onfray pour dire qu’il ne faut pas non plus chercher à faciliter le discours dans l’espoir de rendre plus « simpliste » une idée qui nécessité un vocable précis pour être exprimée avec justesse.
    Simple n’est pas simpliste. L’important à mon sens est de trouver une justesse pour transmettre correctement quelque chose de pointu à une majorité.

    Si l’on prend la physique quantique, c’est un concept très difficile à comprendre. Pourtant des gens comme Hawking parviennent à nous en expliquer les grandes lignes. Alors évidemment c’est simplifié, mais c’est une introduction qui permettront aux curieux de continuer ensuite leur chemin.
    C’est ce processus d’éveil de l’intérêt pour un sujet que je trouve important de garder et de ne pas dénigrer.
    On tombe souvent sur des gens qui aiment se dire qu’ils comprennent des choses compliquées, et qui par conséquent rejette toute forme de vulgarisation. « Pas assez compliqué pour être sérieux ! » Ca, je ne l’accepte pas.

  3. Suivez mon regard… (===> Lacan…) Par contre, si t’as un tuyau pour me faciliter la compréhension de la physique quantique, je prends, hein… 😉

  4. Ne disons rien du Ministre Luc Ferry qui a laissé se poursuivre la casse de l’École française. Intéressons-nous au philosophe qui, avec Alain Renaut et quelques autres sorbonards, s’efforcent encore de remettre Kant au goût du jour. Kant est le philosophe du Devoir. Il est donc apprécié en Maçonnerie. Les trois grandes interrogations kantiennes – Que puis-je savoir ? Que dois-je faire ? Que m’est-il permis d’espérer ? – peuvent aider à éclairer notre quête maçonnique. Sauf à considérer – comme le proclament certains Maçons – que “tout est dans le rituel !” Ce qui est la définition même du dogmatisme. Est-ce qu’apprendre à vivre, ça n’est pas apprendre à reconnaître l’autre et apprendre à se faire reconnaître de lui, dans un rapport relationnel apaisé ? Comment alors intégrer les outils philosophiques à l’intérieur de notre démarche initiatique ?

  5. J’ai eu l’occasion de le croiser à la radio. C’est un mec plutôt sympathique et abordable.

    L’ouvrage évoqué ici fut mon premier livre de philo après « Le monde de Sophie » lu à l’école.

    • Le seul souci à la lecture du LIVRE « Apprendre à vivre » est qu’il s’adresse à son lecteur par le tutoiement, considérant que ça le rend ainsi plus proche des jeunes lecteurs. Ce avec quoi j’ai eu du mal au début, ayant l’impression de me faire donner la leçon par un professeur condescendant.

      Je dois aussi avoir dans mes cartons le livre audio « Apprendre à vivre », si ça intéresse quelqu’un d’y jeter une oreille.

  6. Bonjour @Ethereum !
    Comme vous, j’ai été gêné par l’artifice du tutoiement. Ça n’est pas un détail. Ou plutôt le genre de détails dans lesquels les Anglais disent que le Diable se cache. Un détail qui tue. Par ce choix symbolique, le ministre Luc Ferry se couchait ainsi sur le tapis à prières de l’idéologie éducative dominante : le pédagogisme. Le pédagogisme, c’est quand la démagogie remplace la pédagogie. Ce snobisme ridicule serait sans conséquence s’il restait un petit jeu mondain pour fils de bobos. Mais le pédagogisme – que Luc Ferry n’a pas inventé mais a laissé se propager – est une véritable trahison à l’encontre des classes populaires. C’est de l’enfumage sociétal pour occulter la persistance de l’exploitation sociale. “Et voilà pourquoi votre fille… me tutoie !”

  7. Guizmo, puisque tu sembles devenu fan des vidéos de la Grande Loge de France,
    je me permets de te signaler celle de Ferry en 2007 sur le thème « Quelle spiritualité au 21e siècle ? »

    http://www.gldf.org/fr/videos/conferences-2007-2008/16-luc-ferry

  8. Merci ! Je vais essayer de l’écouter dans la journée ! 🙂

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