La Religion à 18 ans ?

Je parlais l’autre jour avec une amie de choses qui m’ont dérangées récemment en matière de religiondesparentsimposéeauxenfants (oui, c’est en un mot !)
Comme vous le savez, j’ai visité cet été la cathédrale de Limoges, très belle au demeurant, avec un orgue magnifique flottant au milieu du majestueux mur de pierres à qui la lumière ambiante donnait une couleur bleutée. En sortant, j’ai croisé une mère et sa fille qui devait avoir 4 ans à tout casser qui entraient. La mère se signa, ce qui évidemment ne m’a pas choqué, mais attrapa ensuite la main de sa fille, et pendant que celle-ci tentait de faire de la résistance, la mère l’obligea à se signer à son tour.
Et bien cela m’a choqué, car je reste sur une position sans doute naive, consistant à dire qu’une Religion doit relever du domaine de l’intime, et que l’on ne doit pas forcer son enfant à appartenir à la même religion que la notre, qu’on doit lui laisser le choix, et que le temps venu, c’est à dire lorsqu’il sera en mesure de comprendre de quoi il s’agit, il pourra choisir de rejoindre telle ou telle confession.
Plus récemment, c’est encore une petite fille du même âge que la précédente, que j’ai vu sortir du métro, avec un voile sur la tête qui lui descendait jusqu’aux pieds.

J’ai donc réfléchi à cette question, et sans aller bien loin, j’ai observé comment se passait l’entrée en maçonnerie.

Pour rentrer en maçonnerie, il faut avoir 18 ans. C’est la règle numéro un. C’est à dire qu’on s’assure en faisant cela (on retrouve la même chose dans le droit de vote), que la personne est consciente de la démarche qu’elle entreprend, et qu’elle est responsable de ses actes. Autrement dit, on évacue la suprématie des parents, et on attend que la personne soit en mesure de comprendre et de vraiment adhérer à ce qu’elle s’apprête à faire, avant de lui laisser franchir la porte.

Et bien pourquoi ne ferions nous pas la même chose lorsqu’il s’agit de Religion ? Pourquoi ne pas imaginer qu’il soit interdit de pratiquer une Religion, c’est à dire de se soumettre à des rituels, des attitudes ostentatoires, avant que l’enfant n’ait atteint l’âge adulte ? Il peut toujours l’étudier, ou s’en imprégner, de la même manière que si je laisse traîner mes livres dans ma bibliothèque, mes enfants tomberont dessus avant leur majorité. Mais pour pratiquer cette religion, pourquoi ne pas imposer un âge minimum ?

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26 réponses

  1. Je suis assez d’accord à titre personnel. Cependant, cela me semble tout à fait impossible dans la pratique. Aujourd’hui nous voyons la religion comme une donnée de société : plusieurs cohabitent dans nos sociétés modernes, avec des passages de plus en plus fréquents d’une religion à une autre. A l’intérieur d’une même religion c’est tout à fait différent : la foi, l’éducation religieuse et la cérémonie d’entrée dans la communauté des croyants sont définies comme des obligations pour les parents (à croire que l’idée d’un libre choix soit particulièrement redoutable pour le clergé…). Et même si de plus en plus de parents se sentent moins contraints que dans les époques précédentes, je ne crois pas que les clergés des différents cultes se laisseront imposer cette idée.

  2. Ma pierre au débat – Je pense qu’il faut donner une religion aux enfants, et j’irai même jusqu’à dire, pour reprendre le Dalaï Lama, la religion de notre tradition familiale. Cela présente l’avantage de donner à nos enfants des repères moraux.
    Je rejetais il y a encore 1 an les principes de morale imposée, mais je reconnais aujourd’hui qu’ils sont un des piliers de notre humanité.
    Le choix, l’enfant pourra le faire plus tard (en pratique, il le fait même souvent avant 18 ans), mais il le fera en tout connaissance de cause, après avoir reçu des bases en la matière, qui lui serviront toujours.
    De manière plus subjective (est-ce possible encore un peu plus ??), au REAA, on travaille avec une Bible ouverte sur l’autel des serments (ouverte à Jean en bleue, et Ancien Testament en perfection), et avoir comme base une première lecture, certes religieuse, du Livre, ça aide un tantinet.

    • Voila un commentaire qui me choque profondément.
      Il n’est nu besoin de se référer à une religion pour avoir des « repères moraux »

  3. Bonsoir @Guizmo !
    Les religieux – pour ne pas dire les religions mais je me retiens très fort – comptent parmi les grands ennemis de la liberté personnelle. La maman qui oblige sa fillette à se signer, accomplit un acte éducatif privé que je puis juger négativement ; mais qui ne me regarde pas. De plus, la scène se déroule dans une église où je ne suis – grâce à la laïcité – pas obligé d’aller. En revanche, le voile islamique qui s’impose à moi dans ce lieu publique qu’est la sortie du métro, ressortit à une agression symbolique religieuse que je peux ne pas apprécier. Car je n’ai pas, en tant que citoyen français, fait la Révolution et mis l’intolérance chrétienne à genoux pour me farcir un sinistre retour au moyen-âge d’une nouvelle religion aux superstitions non moins débiles que les autres. Vive la liberté ! A bas toutes les calottes !

  4. @AnonimusPoliticus : Tu dis « Cela présente l’avantage de donner à nos enfants des repères moraux ». La morale n’est pas exclusive aux religions, et l’on peut tout à fait transmettre des repères moraux de façon tout à fait laique, et adogmatique.
    Comme je disais, ce n’est pas tant la transmission de la religion, de ses valeurs, ou de ses mythes qui me dérange, mais plutôt la pratique « physique » de la religion. Lorsqu’un enfant se fait circoncire par exemple, on ne lui demande pas ce qu’il pense de la religion, et pourtant on agit de façon irréversible sur son anatomie.

    @Libero : Oui tu as raison, ce qui s’est passé dans l’église ne me regarder pas. Cela me gène idéologiquement, mais je n’ai rien à dire, tandis que dans le cas du métro, je peux m’opposer en toute légitimité.

    • @Guizmo : Très vrai pour la circoncision et je partage totalement ton avis.
      En revanche (je me contredis peut-être, mais mon chemin n’est pas terminé), la religion permet une transmission avec un bloc qui existe depuis (en tout cas pour le christianisme) environ 2.000 ans (moins si on prend les 1ers conciles comme point de départ). C’est quand même quelque chose d’éprouvé. Se construire une morale, je dis mille fois oui, mais à partir d’une base.

  5. La religion à 18 ans ? Un sujet qui me fait sourire chaque fois que je l’entends évoqué (que cela ne soit pas pris en mauvaise part). Pour partir d’un exemple, le mien, ce fut le parti pris de mes parents (mécréant et agnostique). Elevé loin de Dieu, malgré des influences juives, catholiques et réformées dans mon entourage familial, je n’ai pas opté pour l’une ou l’autre de ces religions à ma majorité.

    La naïveté, pour ce sujet puisque le mot y est employé, est d’attendre après une élévation de l’âme débouchant sur une crise mystique, arrivé à l’âge de raison. Surtout, quand dans la vision du monde enseignée depuis la plus petite enfance Dieu n’y a pas sa place. Mais nous pouvons également nous interroger, à l’inverse, sur l’absence d’enseignement sur les religions existantes, voire sur une éducation anti-cléricale, athée ou indifférentiste. N’est-ce pas après tout aussi choquant aux yeux de ceux qui professent une religion ? Cela relève de la culture familiale participant de la structuration d’une identité. Pour surmonter la problématique pourquoi ne pas imaginer d’élever les enfants à part des familles, afin que ne leur soient pas imposés des pratiques culinaires, la critique de la raison pure dans le texte ou les oeuvres complètes de Johnny Halliday ? Mais je crains que l’enfer sur ce point ne soit pavé de bonnes intentions.

    Après tout, l’important n’est-il pas que l’individu se crée lui-même en fonction du monde qui lui est présenté et de sa manière d’interagir avec ces expériences constitutives d’une vie d’homme ou de femme ? Je ne pense pas, personnellement, qu’il faille attendre la majorité civile et politique pour avoir une conscience de même que des interrogations métaphysiques (qui ne sont pas l’apanage des religions). Sinon je crains que même la Franc-Maçonnerie ne trouve beaucoup de recrues. Car comment répondre aux questions posées aux impétrants sans avoir une petite étincelle métaphysique ?

    Laissons aux parents le choix de l’éducation et de la culture qu’ils souhaitent transmettre. De toute manière, je crois, que les enfants sauront faire leur choix en temps utiles qu’il s’agisse de croyance, de non-croyance ou d’indifférentisme.

    C’est ma réponse à la question posée sur la religion. La question des signes ostentatoires relève d’un autre débat plus global, selon mon opinion que l’on peut ne pas partager.

    J’ai dit.

  6. Bonjour,
    Dans la Bible je ne peux vous dire quel chapître, il est dit que ce sont les mères qui doivent transmettre les notions de « religion » à leurs enfants.
    Et comme dans tout, il y a des dérives, votre exemple de la maman qui oblige la petite fille à se signer en est une.Je crois que nous devons enseigner à nos enfants nos croyances, leur laisser le choix à l’âge de raison.
    .
    Ils feront ce qu’ils voudront en grandissant et nous parents nous aurons mis dans leur coeur une « bonne semence ».

    Lily.babou

  7. Sauf erreur de ma part, une (des) école de Bruxelles à remplacé le cours de religions par un cour de philosophie ou se mêlent les différents courants religieux et athée. Chacun peut ainsi parler de ce qu’il vit chez lui, il n’y a plus de séparation entre les élèves de tendances différentes et il semble qu’il y ai moins de tensions entre les étudiants suite à ces échanges de points de vue. Mais ce n’est qu’une expérience pilote et je ne sais pas si les institutions religieuses sont prêtent à lâcher leurs heures de cours dans le reste du réseau d’enseignement.

  8. Je suis tout à fait d’accord. Je suis notamment pour l’interdiction du baptême des enfants, surtout tant que l’Eglise catholique ne respectera pas la loi informatique et liberté et ne retirera pas purement et simplement de ses registres le nom de ceux qui ont été baptisés et renient ce baptême. Pour le moment, ils ne font qu’apposer la mention « a renié son baptême », mais il reste une trace physique de ce baptême dans les registres, ce qui d’un point de vue idéologique me dérange beaucoup (à titre personnel, je m’en fous assez, dans la mesure où mon baptême est pour moi un total non-évènement et que je n’ai même pas fait la démarche de le renier tellement je ne lui accorde aucune importance. Tant qu’on ne m’impose pas un impôt parce qu’ils ont mon nom, en tout cas…)
    Je suis évidemment du même avis concernant la circoncision, qui est tout de même une mutilation, et le voile…

  9. Pourquoi s’interroger uniquement sur la question religieuse? nous pouvons tout autant porter l’interrogation sur les conceptions philosophiques, morales ou politiques…n’est il pas tout aussi choquant de voir des enfants manifester dans la rue, quelque soit la cause défendue?après tout de quel droit devrions nous imposer une morale plutôt qu’une autre à nos enfants? les choix religieux doivent être traités comme toute autre idée, conception ou opinion…ni plus, ni moins… Cela me fait penser à un passage de Vallès (dans « l’enfant » ou le « bachelier ») où il explique combien l’instruction pleine de rigueur et de morale qu’il a reçu lui ont permis de construire sa liberté d’esprit, en lui apportant la discipline nécessaire au passage de l’esprit de révolte à la volonté révolutionnaire ainsi que des chaînes contre lesquelles exercer cette volonté…Toute instruction est une contrainte, mais il n’est pas possible de construire une pensée libre s’en un minimum de rigueur, sinon ce n’est que songes vains…Quant à retirer la responsabilité de l’instruction philosophique, religieuse et morale aux parents, l’instruction est une chose trop « stratégique » pour être confiée uniquement à l’état…Il n’y a qu’à Lilliput que cela peut marcher, et encore…ils sont en guerre à propos des oeufs à la coque…comme quoi l’ignorance,le fanatisme et l’ambition guettent chacun d’entre nous…du fait ou en dépit de notre instruction, quelqu’elle soit, que l’on y adhère ou qu’on l’a rejette…

  10. La FM, par définition, est adogmatique.
    La religion, par définition, dogmatique.
    L’une recherche la vérité et considère que chacun peut avoir la sienne, l’autre détient La Vérité , seule et unique.

  11. le concept d’adogmatisme est une invention récente du GODF, il y a un certain « dogmatisme » a considérer que toute la FM serait adogmatique (alors qu’elle a un certain nombre de valeurs incontournables)…est-ce à dire que la FM anglo-saxonne n’est pas de la FM!! c’est drôle, cette inversion des rôles!!(Mais je sens que bientôt,dans le même ordre d’idée, le GODF affirmera que la FM par définition est mixte et l’a toujours été) quel paradoxe d’être excluant au nom de la tolérance…Quant aux religions elles affirment effectivement possèder la Vérité, mais laissent souvent une marge de libre interprétation sauf dans leurs versions fondamentalistes, mais n’existe-t’il pas une certaine forme de fondamentalisme athée? ce n’est pas ce à quoi l’on croit qui détermine si nous recherchons le vérité mais notre esprit d’ouverture et notre capacité à se remettre en question et à remettre en question la vérité établie (même quand c’est le VM, voir le GM qui le dit!)….

    • Je crois que la FM apprend ou est censée apprendre à penser par soi-même, c’est en cela que je la considère comme adogmatique. Je ne pense pas que cela soit une invention du GO.

  12. Je pense qu’il est pertinent d’opposer les institutions dogmatiques de celles qui sont tolérantes. En forgeant le concept “adogmatique”, le Passé GM Philippe Guglielmi a peut-être commis un aveu subliminal ! Car pourquoi fabriquer “adogmatisme” quand tolérance existe déjà ? Et que tout le monde comprend. Probablement pour la raison que pointe finement @calvariam : le dogmatisme peut se cacher derrière le masque de la tolérance. Il y a pire que les institutions dogmatiques qui, en tant d’institutions sont facilement repérables : c’est l’esprit dogmatique, qui peut s’insinuer sournoisement partout derrière des belles paroles. Avec son “adogmatisme”, Guglielmi nous aurait-il concocté un dogmatisme tolérant ?

    • Adogmatisme et tolérance me semblent loin d’être synonymes.
      La tolérance, c’est accepter que d’autres pensent différemment. L’adogmatisme, c’est, me semble-t-il, ne pas considérer qu’il existe une vérité, seule et unique.

  13. Oui @claude. C’est bien ce que je pense – si je me suis correctement exprimé. Obliger quelqu’un à “ne pas considérer qu’il existe une vérité, seule et unique” est intolérant. Obliger quiconque à être “adogmatique” n’est pas tolérant. Et je trouve que certains, avec leurs grands airs d’adogmatiques, ne sont guère tolérants. Pourquoi pas un dogme de l’adogmatisme, en effet ! Personnellement, je postule que la vérité est probablement relative. Mais je m’interdis de pérorer en loge ou ailleurs avec cette conviction (enfin j’essaie !). Il est vrai que nos Ateliers sont aussi des lieux de rapports de forces entre nous. Le fraternité est un calmant instable. En tout cas, mon correcteur automatique d’orthographe est intolérant comme pas deux : il refuse systématiquement le mot “adogmatisme”. Il ne veut pas non plus de “rituélique”. Quelle époque nous vivons !

  14. Bonsoir, je viens d une longue lignée de FF et même si j ai reçu le bâtème très tôt. Mes enfants ne le sont pas et cela ne me cause aucun problème. J ai reçu une éducation maçonnique je la transmet à nouveau, nos valeurs ont donné leurs preuves, j’en suis fière et parle de gladu avec mes enfants.
    je pense que l’on se doit surtout nous, de parler avec notre cœur. Demain ils ne ramasseront peut être pas les outils pour continuer le travail ou choisiront un autre chemin. J’aurais fait le mien …

  15. Je crois que la façon dont est présenté le sujet de cet article induit toute la conversation en erreur. Seul calvariam semble avoir pointé la vraie question. Car quelle est-elle, cette « vraie » question, dans tout ça ? Pour moi, c’est l’Éducation. Un sujet qui me touche tout particulièrement, car il est LA clé de l’avenir. La seule ! Et la question de la transmission se pose dans tous les domaines : philosophique (vision de la vie), des valeurs, des croyances, des convictions politiques… Je ne vois pas comment on peut élever son enfant en faisant fi de la question de l’influence… Sartre l’existentialiste disait, d’une façon révolutionnaire, « L’important n’est pas ce qu’on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes, de ce que l’on a fait de nous. » Je mets cette phrase en lien direct avec une intervention d’Antoine Spire à l’Université Populaire de Caen et qui disait : « La responsabilité, c’est le rapport entre déterminisme et liberté. Nous sommes tous entièrement déterminés par notre situation sociale, notre culture, notre histoire, le monde dans lequel nous sommes, nos rapports sociaux, notre éducation, par le système social tel qu’il s’organise, notre famille… Nous sommes tous déterminés à 100%. Mais nous sommes tous libres. A 100%. Donc le modèle n’est pas additif. Ce n’est pas un pourcentage « déterminé », un pourcentage « libre ». C’est : On est totalement déterminé, et on est totalement libre aussi. C’est quand on pense une contradiction comme ça qu’on entre véritablement dans la philosophie. » Une fois qu’on a compris ces deux enseignements, on comprend qu’on exercera toujours une influence sur nos mômes. La question est de se dire : « Comment l’exercer ? » plutôt que de prétendre n’en point avoir. Alors on peut dire à son môme qu’on croit en Dieu, l’emmener à la messe tous les dimanches si ça nous chante. Ou porter son enfant sur ses épaules pour qu’il voit la beauté d’un cortège de plusieurs kilomètres de longs le 1er mai. Je ne suis pas choqué par ça, parce qu’en soit, ce ne sont que des transmissions de valeurs et de croyances comme d’autres. Ce qui me choquera plus, c’est si on instille par la même occasion l’amalgame des gens différents, la haine, ou qu’on présente notre point de vue à notre enfant comme une vérité unique et que l’on dénigre la vision que les autres en auraient. Parce que là, on renforce la détermination au détriment de la liberté. Or je pense qu’on peut transmettre sans mettre de barrières idéologiques infranchissables. Mais pour moi, l’éducation, c’est aussi une transmission… Et dire que mon souhait le plus cher serait que mes enfants deviennent des terres vierges sur lesquelles ils planteront leurs propres graines serait mentir. Je leur proposerai des graines, leur montrerai comment les planter, mais tâcherai de faire en sorte (avec sûrement beaucoup de difficulté et de ratés…) que ce qui poussera pourra être arraché pour qu’ils puissent y planter autre chose (pas de semences Terminator, quoi…). Mais ce qui est sûr, c’est qu’on ne pourra jamais élever un enfant en lui laissant un champ vierge. C’est impossible.

  16. @Tao: entièrement d’accord avec le bémol suivant : prendre garde que les idées qui viendraient s’opposer à nos déterminismes ne soient pas issues elles-mêmes d’autres formes de déterminismes qui viendraient supplanter nos déterminismes originels.Penser librement n’est pas chose facile,une pensée libre suppose d’obéir aux règles de la Raison et de la Logique, n’être subordonnée à aucune pensée dogmatique.
    il y a, à mon sens (et après quelques soirées de travail sur une question à l’étude) trois écueils essentiels à éviter:
    -« La contrainte civile des convenances et des mœurs », légitime ou non, qui limitant la liberté d’expression, limite de fait le développement de la liberté de pensée de chacun d’entre nous et conduit à l’Ignorance.
    Or pour penser librement il est nécessaire de pouvoir confronter librement nos idées, penser pour ainsi dire, en commun avec d’autres, partageant nos idées et les leurs, les confrontant les unes aux autres.
    -« la pression idéologique d’une pensée dogmatique », basée non sur des arguments pouvant être soumis à la discussion mais sur la foi en leur véracité, ne souffrant aucune remise en cause.
    Que cette pression s’exerce par le biais de directeurs de conscience ou qu’elle soit intériorisée par les individus eux-mêmes, le résultat est identique : c’est le bannissement de tout examen des idées par la Raison et amène au Fanatisme
    -l’orgueil intellectuel qui,par Ambition, voulant dépasser les limites de son horizon intellectuel en oublierait les lois de la logique et de la Raison auxquels doit se soumettre toute pensée qui se veut libre, au risque de verser dans l’aliénation intellectuelle et la pensée délirante, esclave des désirs de son auteur…

    Afin d’éviter ses trois écueils, l’homme se doit de mobiliser une qualité propre à l’humanité : sa conscience, capacité réflexive qui va lui permettre de faire la part entre le bon grain et l’ivraie, de distinguer la pensée droite, gauchie ni par les convenances, ni par un dogme, ni par le désir.
    Ni pensée délirante, ni pensée dogmatique, une pensée libre se doit d’être une pensée neuve, du moins pour celui qui la construit, à la fois inscrite dans la poursuite de ses raisonnements antérieurs et pourtant en rupture avec son continuum mental, elle est l’expression de l’une des plus grandes qualités de l’humanité : l’inventivité.
    La pensée libre est le pas de côté de l’humanité en marche…

  17. Je n’ai pas participé à cette conversation, car la croyance religieuse (ou la non croyance) devrait relever de l’intime conviction personnelle.
    Mais j’ai lu quelque part, dans les échanges, le mot « interdiction ».
    Interdire le baptême des enfants? Aurions-nous des relents de communisme stalinien?
    C’est aussi grave que d’imposer le baptême des enfants.

    • C’est bien parce que la croyance religieuse devrait relever de l’intime conviction personnelle qu’il peut paraître abusif d’imposer le baptême à un enfant qui n’est pas en mesure de choisir.

  18. @Anonymous
    L’enfant baptisé ne garde aucune séquelle physique ni psychologique, et il faut laisser aux parents le choix de leur conviction et de la transmission de leurs valeurs culturelles et cultuelles. Ce n’est pas le baptême qui contraint actuellement le baptisé à pratiquer, que je sache.
    Ce qui est abusif est de vouloir imposer son opinion aux autres et essayer de les culpabiliser.
    Ce qui est abusif pour l’enfant sont surtout beaucoup d’autres choses : l’apprentissage de l’intolérance, de l’intégrisme religieux ou laïque, du racisme, de la xénophobie, de la pornographie, du profit, de l’exploitation de l’autre. Enfin, il me semble, mais peut-être que je fais du gâtisme…
    😛

  19. Bonsoir @irène !
    Au détour d’une phrase de ton commentaire, tu évoques avec raison la culpabilité de l’autre, qui est la forme de violence symbolique préférée des religions. Particulièrement chez les chrétiens. Se remémorer la prière du Confiteor (“J’avoue”, “Je confesse”) et son fameux “Mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa” ! La culpabilisation de l’autre n’est pas un monopole chrétien. Mais l’Église de saint Paul a poussé très loin les feux de la culpabilité qui est la plus terrible forme du mépris de soi-même. Même l’Enfer n’a rien à voir là-dedans. C’est un ressort psychologique qui puise toute sa force dans l’instinct de domination de l’autre qui habite tout homo sapiens ; et que ne vient pas freiner l’instinct qui aide les animaux à ne pas dépasser les bornes. C’est l’éducation qui, dans une perspective humaniste, nous apprend à tenir compte de l’autre. Mais c’est aussi l’éducation qui permet d’enraciner la culpabilité au tréfonds du coeurs des hommes. Pour cette raison, l’eau et le sel du baptême ne doivent nous cacher la véritable action délétère qui se déroule dans les souterrains du non dit et de l’éducation. “Precor vos orare pro me”…

  20. Nous sommes bien d’accord Libero.
    Ce n’est pas le baptême qui est en cause, c’est l’éducation et l’endoctrinement borné.

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