Handicap : le Comité d'éthique défavorable aux assistants sexuels

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Si j’en crois ma montre, je peux encore publier cet article ce soir ! Alors je me dépêche…

Ce sera bref, vu que je souhaite juste partager cet article que j’ai trouvé sur Libé, dans lequel on parle d’un sujet qui à mon sens est assez complexe, mais qui mérite tout de meme qu’on ouvre les yeux et qu’on le regarde bien en face : le handicap et la sexualité.

Cela faisait partie des chantiers sur lesquels travaille le comité d’Ethique, présidé par Jean-Luc Ameisen, et celui-ci a rendu son verdict, en répondant défavorablement aux assistants sexuels. Il semblerait que les dérives qui pourraient être liées à un tel « service » seraient plus importantes que le bien apporté aux handicapés qui ne peuvent pas vivre leur sexualité comme les valides.
Je comprends que lorsqu’une action est entreprise, il faut veiller à ce qu’elle bénéficie à un maximum en nuisant à un minimum, et que si la balance s’inverse, il ne faut pas la faire, mais je trouve qu’il y a là une part d’exclusion, qui ne devrait pas exister.
Voici donc l’article en question :
A lire ici <<<

Qu’en pensez vous ?

 

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13 réponses

  1. Sur le principe, depuis qu’il en est question, je m’interroge. Bien sûr, il faudrait
    Mais combine de montagnes à soulever, financière (là ça peut s’arranger), administratives et… tout simplment humaines.
    On criera, ça se fait déjà, que c’est de la prostitution voilée. Comment techniquement (il faut bien en parler) sera-ce possible ? La crainte de réseaux ou d’associations qui ne sentent pas le frais ne justifie-t-elle pas un recul ?. Et il s’en créera « proprio motu »…

    Je répond sans avoir lu le texte du Comité d’Ethique, mais je me souviens d’avoir participé, il y de nombreuses années à un comité du même ordre. Il s’agissait des dons d’organes, des mères porteuses (déjà!) et de l’euthanasie, et, plus loin, du « clonage ». Nous étions onze. Le médecin qui présidait et moi, nous sommes battus avec les neuf autres, sans relâche toutes les semaines… Nous avons abandonné tous les deux;

    Et à partir de quelle pathologie ? Et organiquement, si le malade est privée de ses organes génitaux, pour un temps ou pour toujours, quee substitut trouvera-t-on.

    On a toujours le tort de parler des choses trop tôt. Rien n’est mûr. Même si tout est souhaitable. Pile ou face ? Cela ressemblera forcément à ce jeu dérisoirement terrible.

  2. Cette éventuelle assistance s’adresserait-elle aux handicapés des deux sexes, ou plus principalement ou majoritairement aux handicapés hommes ? lol

    Sérieusement, je ne suis pas handicapée, mais j’ai accompagné jusqu’à l’ultime porte mon Compagnon chéri qui s’est retrouvé handicapé pratiquement grabataire pendant plus de deux ans. Ce n’est pas de sexe mécanique dont il avait besoin, mais d’une grande dose de tendresse, de respect et d’amour. De beaucoup d’échanges et de bisous.

    Au fait, qu’en pensent les handicapé(e)s ???

  3. Je suis de l’avis d’Herodote …
    Le handicap est un frein à la sexualité, mais pas une barrière.
    Je rebondis sur le témoignage d’Irène : le rapport note justement le risque de « dérive » de ces pratiques (attachement, dépendance vis à vis du « praticien »), car finalement ce qui manque le plus est certainement beaucoup plus dans le rapport humain qu’une sexualité « mécanique ».

  4. Sans surprise je constate que, comme toujours, cette question est abordée ( par les politiques ) avec une grande hypocrisie.

    Comme toujours, on ne cherche pas à répondre à la question par crainte des possibles « dérives ».

    Toute loi, tout règlement, génère ses propres dérives.

  5. Je suis révolté par le témoignage de « mères » qui ont du masturber leur fils handicapés (jeunes pleins d’énergie, mais incapable de bouger..) Il y a un besoin de tendresse, mais aussi de sexualité. Je souhaite que permette à chacun de vivre sa sexualité (les pratiques sexuelles sont aussi nombreuses que les recettes de cuisine !) D’accord sur le fait que dès lors qu’il y a service il y a rémunération donc travail.. Mais comme pour un grand nombre de décision éthique, il faut choisir soit de ne pas regarder, soit d’affronter la réalité.
    Il n’y a pas que les hommes qui ont besoin de sexualité, même si les femmes ne dévoilent pas leur désir aussi clairement que l’érection masculine, il me semble surprenant que l’on nie cette sexualité féminine, aujourd’hui.
    Il ne faudrait pas oublier que cette question présuppose que des personnes cherchant à bien faire, font actuellement, face à la justice pour répondre du fait d’avoir réalisé des actes d’assistance sexuelle.

  6. Un de mes combats acharnés dans mon taf ! Putain, mais qu’est-ce qu’on attend ???

    Je suis surpris de lire plus haut les éternelles rengaines qui nous rappellent qu’il y a besoin de tendresse, etc. Oui, c’est d’un intérêt ENORME ! Et alors ? Où est le rapport ? Ce besoin ne vient absolument pas en contradiction avec le besoin de jouissance physique que nous avons tous ! Hommes comme femmes, d’ailleurs… Stoppons l’hypocrisie qui sous-entendrait que ce serait pour les hommes seulement… Vouloir remplacer cette jouissance par de la tendresse, c’est je trouve très chrétien. Cette religion qui voudrait nous faire croire que certains peuvent se passer de sexualité… Eh, mais les prêtres aussi ont une sexualité, hein… Seul ou avec un adulte consentant, dans le meilleur des cas… Mais pourquoi ne peut-on pas envisager qu’on a tous besoin des deux, et que ce n’est pas parce que l’on est en situation de handicap que l’on doit renoncer à l’un des deux ? Certains n’en font pas la demande et n’en ressente pas le besoin ? Très bien ! Mais pourquoi les utiliser pour étendre cette absence de besoin aux autres qui le réclame (eh oui !). J’ai travaillé dans des structures pour personnes en situation de handicap (parfois le physique allait même très bien), et la question de la sexualité reste un tabou incroyable… Il faut un coup de pied dans la fourmilière, mais c’est pas évident quand beaucoup d’associations sont des assos de parents (Adapei en tête). Parents qui sont au CA et définissent les orientations des projets des établissements. Pour ces parents, généralement, la sexualité de leur gamin, si ils peuvent la gommer, ils gomment !

    Je conseille à tous, plutôt que le fameux « Nationale 7 » qui n’est pas génial, l’excellent documentaire « Sexe, Amour et Handicap ». Contactez-moi par MP pour que je vous explique comment vous le procurer…

  7. Accessoirement, je dirais que je suis bien peu informé pour donner un avis éclairé (suffisamment pour me questionner, mais c’est autre chose). Merci pour ton témoignage Tao !

  8. Deux liens intéressants sur la situation qui prévaut chez nos voisins suisses:

    http://www.lecourrier.ch/106280/sexualite_et_handicaps_un_livre_leve_le_voile_sur_un_tabou

    http://www.sehp.ch/

    Bonne journée

  9. A ma question du début : « Au fait, qu’en pensent les handicapés » , voici un excellent lien (merci Mathieu) vers de vrais témoignages d’handicapés.
    Excellent lien vers le témoignage des handicapés et qui répond un peu à mon interrogation de départ de ce débat : « Au fait, qu’en pensent les handicapé(e)s ??? » (Merci Mathieu)
    Ce n’est pas à nous, non handicapés (mais parfois-souvent handicapés de l’intellect), de décider pour eux. C’est à eux.
    Respect et fraternité !

    Que la parole leur soit donnée

    • Ne trions pas l’info qui nous sied ! J’ai soumis à tous la proposition de regarder « Sexe, Amour et Handicap » un peu plus haut. Il y a plein de personnes en situation de handicap qui sont interrogées et qui réclament ce droit. Alors donnons-le et arrêtons l’hypocrisie ! Quant à ceux qui n’en ressentent pas le besoin, je ne vois pas ce que ça peut leur foutre que certains puissent l’avoir (le besoin… et le droit de le satisfaire !). Je suis cash ? Je ne vais pas châtier mon langage parce que mes interlocuteurs sont en fauteuil…

      Ce que le blogueur de Rue89 demande, ce sont des conditions de vie dignes et de la liberté pour les personnes en situation de handicap, ce qu’elles n’ont pas dans bien des endroits. Toutes les pistes qu’il énonce sont pertinentes. Toutes ! Mettons-les en place, c’est une évidence ! Mais ce n’est en rien un plaidoyer contre les assistantes sexuelles (ou peu importe comment on les appelle…) !

      PS : Bon, sinon, moi, je fume pas… On interdit la cigarette ?

  10. Tao, personne n’a jamais dit le contraire je pense ! C’est UN témoignage, qui a le mérite d’être clair, développé et intéressant – de surcroit de l’un des principaux intéressés, avec son point de vue. Ça ne change rien au fond de la question bien sûr – et je ne l’ai aucunement lu comme un plaidoyer pour ou contre, bien au contraire. Mais comme il le souligne, il semble que beaucoup d’experts en tout genre aient été consultés, et finalement que la voix des handicapés lourds et des asso impliquées ait été peu entendue.

    PS : Ne simplifie pas à ce point – c’est de la caricature là 😉

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