La Franc-Maçonnerie & les sports

Bonjour à  tous ! Aujourd’hui, je vous propose un article très intéressant, qu’un lecteur m’a gentiment proposé, sur les rapports étroits qu’ont pu entretenir la Franc-maçonnerie et le sport.

Ce n’est pas parce que l’on est Franc-Maçon que l’on passe son temps à faire de la réflexion spéculative. Les temps de récréation sont importants, comme les silences au milieu des notes de musique. Sans ces instants, pas d’harmonie possible dans l’univers qui nous entoure. Les agapes, même rituelles, en sont un bon exemple.

Au-delà de ces banquets bien connus, depuis leurs débuts, les Francs-Maçons se sont également particulièrement investis dans différents sports. Nous pensons particulièrement à deux d’entre eux : le golf et le noble jeu de l’arc.

Le golf

D’où vient le golf ? Nul ne le saura jamais. Les historiens du golf pensent que ce jeu s’est développé simultanément en Écosse et aux Pays-Bas. Dans tous les cas, le jeu fait fureur dans l’aristocratie depuis le XVe s.

Les Francs-Maçons se révélèrent des golfeurs passionnés, qui vont soutenir, organiser et développer le jeu entre 1750 et 1850. Les premiers clubs de golf sont en effet des Loges maçonniques qui vivent en étroites communions. Ainsi un joueur peut-il appartenir à plusieurs clubs. Par exemple, Andrew Duncan, maître maçon, membre fondateur de l’Honourable Sociéty et capitaine de jeu de Saint Andrews et de Blackheath.

Mais, à l’origine, les membres se réunissent surtout pour festoyer. Ils introduisent dans les « club-houses » le lustre et l’apparat qui leur sont chers. Les banquets procèdent alors d’un véritable cérémonial. On dîne en uniforme adéquat, vestes rouges, knickers noirs, chaussures vernis à boucles et bas blancs.
golf

De nouveaux membres sont élus selon une procédure typiquement maçonnique : dans une boîte close, chacun des participants glisse à son gré une boule blanche ou noire. Il suffit d’une seule boule noire (et anonyme) pour que le candidat soit refusé (blackboulé). Les élus sont ensuite soumis à une épreuve. Le capitaine a aussi le privilège d’élire chaque année trois nouveaux membres « par une poignées de main. »

La passion du jeu ne tarde cependant pas à prendre le pas sur l’amour de la bonne chaire. Parieurs acharnés, les Francs-Maçons organisent tournois et compétitions. Ils édictent des règles bien précises. Confiants dans l’esprit fair-play des joueurs, ils se contentent d’en fixer treize. Les premières sont définies lors de la création du club de Leith.

Les nobles jeux de l’arc, de l’arbalète et de l’arquebuse

Les compagnies du noble jeu de l’arc, de l’arbalète et de l’arquebuse ont suivi exactement le même phénomène social et sportif. De nombreux « chevaliers » des ces compagnies para-militaires, instituées dans chaque ville, se faisaient recevoir francs-maçons, et réciproquement.

Au sein de ces structures, en plus de la finalité de l’entrainement militaire, les frères joutaient fraternellement entre eux au travers de tournois (appelés « Prix ») que chacun d’entre eux offraient tour à tour.

Chaque année, les chevaliers de l’arc se rassemblaient vers le mois d’avril pour un tir à la perche verticale, où le but était le suivant : le premier qui abattait l’oiseau du bois perché devenait « roi » de la compagnie (équivalent du vénérable maître, élu dans ce cas par la dextérité). Si un roi avait cette dignité trois années consécutives, il restait alors « empereur » à vie de sa compagnie.

En plus de cet évènement traditionnel annuel, nous pouvons noter le banquet de la St Sébastien (patron des archers) de fin janvier, des tournois entre compagnies d’une même province, des parties de deuil, de naissance, de mariage etc. suivant les circonstances, …
arc

A partir du XVIe s, en plus de la simple prestation de serment d’autrefois, des traditions ésotériques sont clairement ajoutées à la « voie de l’arc ». Tout comme dans les Loges, tout devient symbole dans un « jardin d’arc ». L’encyclopédie de la Franc-Maçonnerie définit d’ailleurs la « chevalerie de l’arc » comme un « haut grade maçonnique ». Nous pouvons également remarquer que le duc Anne Charles Sigismond de Montmorency-Luxembourg, haut dignitaire franc-maçon et administrateur général du Grand Orient de France, réhabilite en 1786 deux compagnies privilégiées de la milice bourgeoise de Paris en constituant, via une ordonnance, le corps des Chevaliers de l’Arc de la ville de Paris (en savoir plus).

A ce propos, localement, quelques loges ont même obtenues des obédiences des patentes pour pouvoir fusionner leur loge à une compagnie du noble jeu de l’arc, à l’aide de statuts et règlements communs.

De nos jours, des traditions sont toujours perpétuées au sein des nombreuses « compagnies d’arc », mais avec le vent de laïcisation que la France a connu, les traditions ésotériques ont été édulcorées.

Conclusion

La Franc-Maçonnerie est une méthode de perfectionnement individuel et collectif. Elle s’est donnée des outils : le rituel pour orchestrer le travail et le symbolisme pour base de réflexion. Elle respecte la tradition, cultive des vertus comme la tolérance, l’humilité, la fraternité, l’équilibre, le respect des autres, etc.
Le golf et le noble jeu de l’arc, qui ont servi de support à la diffusion de la Franc-Maçonnerie, proposent une voie plus profane mais tout aussi efficace.

Les règles y sont précises et auto-respectées, surtout si c’est à un maçon qu’elles s’appliquent. On y apprend un rituel précis que le profane mettra un certain à maîtriser : respect de ses adversaires, parler à voix basse pour ne pas déconcentrer autrui, apprendre à être serein, éviter toute tricherie, …

Enfin n’oublions pas que ces deux sports nous apprennent que la perfection n’est sans doute pas de ce monde. Ces pratiques sportives sont en cela une école d’humilité.

Sources :
Planche « Du golf à la Franc-Maçonnerie »
L’Archer Français, journal des tireurs d’arc

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Catégories :Actualités

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3 réponses

  1. Article très intéressant ! J’ai appris plein de choses…

    Pour le fun, cependant, vous pourrez télécharger une chronique d’une radio locale (L’Autre Radio) réalisée par Monsieur Kaya, lequel défend la thèse : le sport, c’est de droite ! (http://www.mediafire.com/download.php?ylpz1zbabzb7xeq) Bonne écoute !

  2. André Herrero, célèbre rugbyman toulonnais, faisait un parallèle intéressant entre le rugby et la FM. Je me demande même s’il n’a pas écrit un bouquin, ou un essai, ( normal pour un rugbyman ) sur la question.

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