Faire la tenue sans support papier

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Il y a des loges qui travaillent sans support papier, des loges dans lesquelles le rituel est intégralement récité par cœur, et ou les planches sont présentées à l’oral, sans le texte à lire devant les yeux.
J’avoue avoir une attirance vraiment très forte pour cette façon de faire, qui malheureusement, ne s’imposera surement pas dans ma loge avant très longtemps…
J’en parlais à l’instant avec mon amie Paulati qui faisait un parallèle avec la pratique d’un instrument.
Effectivement, en musique, la première partie du travail, lorsque l’on étudie un morceau, consiste a déchiffrer la partition. On la joue pour la première fois, on la découvre, et on s’arrête sur les passages difficiles pour les travailler et réussir à se les approprier.
Vient ensuite le moment ou l’on arrive à jouer le morceau à peu près bien, sans faire trop de fausses notes, et ou la partition sert surtout a annoter des informations relatives à l’interprétation, dans le sens, ce qui relève de notre façon de le jouer, de sa partie subjective, qui dépasse l’information brute notes/rythme. On y retrouve en particulier les nuances, les ralentis, etc…

Mais le travail ne s’arrête pas là, et la liberté par rapport à l’œuvre ne sera totale que lorsque l’on jouera sans support, lorsque l’on aura appris le morceau par cœur et que l’on pourra se focaliser entièrement sur la façon de le jouer. Nul doute alors que ce détachement par rapport à la partition joue un rôle primordial dans l’appropriation du morceau, la concentration, et par la même la restitution que l’on en fait.

Pourquoi alors ne pas considérer que le rituel, comme les planches, en loges, devraient être apprises par cœur ? C’est a mon sens le seul moyen que l’on a de vraiment en comprendre le sens profond.

Qu’en pensez vous ?

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Catégories :Actualités

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22 réponses

  1. Joli parallèle en tout cas 🙂

    Pour ce qui est du rituel, il est bien plus agréable et parlant quand il est fluide – l’apprendre serait une bonne chose.

    Pour une planche, je pense qu’on ne peut pas vraiment parler de par coeur – comme une partition – dans le sens où chaque présentation sera différente, selon un fil conducteur mais pouvant évoluer (contrairement à un morceau, qui sera différent à chaque fois, mais parfaitement exécuté selon la partition).
    Un point positif à cette technique est par contre qu’elle impose un réel travail, une bonne structuration des idées, un fil conducteur ce qui n’est pas toujours le cas lorsque l’on présente une planche. Par contre, il faut une certaine aisance en prise de parole, et une bonne technique pour ne pas perdre le fil … débutants, s’abstenir ?
    J’aimerais en tout cas y parvenir un jour (pas à bosser, mais à présenter sans support) 🙂

  2. Quand Alzheimer guette, ça doit être dur…

  3. Ma loge pratique la chose, à savoir l’oralité, en tel cas ce n’est plus une planche mais un travail. l’intérêt est que dans ce type de situation, on ne peut pas se dissimuler derrière des notes, ce qui compte c’est la spontanéité et surtout la démarche personnelle. L’oralité oblige à puiser en soi, le papier permet de se dissimuler derrière tel ou tel auteur, le coté personnel et spontané est plus fort à ce moment. De plus, la soeur ou le frère s’oblige à communier totalement sans intermédiaire, sa réflexion ne peut en être que plus forte et son émotion plus intense.
    J’ai dit

  4. Ellwyng, le rituel est egalement appris par coeur ?

  5. Oral ou écrit n’a que peu d’importance, tout est une question de travail fourni, Il est effectivement préférable de connaitre le rituel par coeur, que l’on soit d’ailleurs officier ou non, cela a, en outre l’intérêt d’obliger à se pencher sur son contenu. En ce qui concerne les planches, c’est pareil, tout est affaire de travail et je suis à peu près sûr que l’on peut tout aussi bien dissimuler son manque de travail tout autant à l’oral qu’à l’écrit, rien interdit d’user de réthorique et d’élements de langage (nos politiques en sont des spécialistes) quant à se « dissimuler derrière tel ou tel auteur », travail là encore, si on peut user et abuser de longues citations non comprises, l’inverse, où l’on accumule les platitudes et où l’on enfonce les portes ouvertes parce que notre pensée tourne en rond, faute d’étude et de lecture, ne vaut guère mieux…Oral ou écrit, peu importe l’essentiel est « labor et studium »…

  6. A ma connaissance, l’oralité est une spécificité des Rites anglo-saxons, soit principalement le Rite Emulation et le Rite d’York.

    Personnellement, je ne suis pas contre apprendre les rituels par cœur sans être totalement convaincue que cela peut apporter une plus grande compréhension du sens profond. Par cœur ou pas par cœur, la compréhension vient d’un travail intérieur personnel ainsi que d’un travail collectif.

    En ce qui concerne les travaux, les Loges de ma Fédération (multi-rites puisque nous pratiquons le RFM, le REAA, le rite Emulation, le rite d’York, le Rite de MM), même celles qui ne sont pas soumises à l’oralité intégrale pratiquent souvent des réflexions communes sur un thème ou un passage du rituel. Quand aux planches (ou morceaux d’architecture), les auteurs sont priés fraternellement de ne pas dépasser 10/15 mns, et d’éviter les nombreuses références (ainsi que le vocabulaire trop savant) pour parler essentiellement de leur ressenti personnel et de provoquer ainsi une riche et libre circulation de la parole.
    🙂

  7. Je vais être mauvaise langue, mais lors d’une récente planche, j’ai tout fait sans papier, mais avec une tablette numérique.
    Imaginer la franc-maçonnerie qui interagit avec du multimédia ! Et ce n’est point hors de propos, car ce n’est plus de papier et l’oralité pourrait être amplifié !

  8. ma mémoire ne me permettrait pas de retenir un rituel par cœur.
    Je me suis rendu compte que ce que j’apprends par cœur (au mot et à la virgule près) ne m’apporte rien de plus, sinon qu’une lassitude robotisée. Dans mon cas, ce serait plus une torture et un rejet. Ce que je connais « par cœur », dans mon métier, n’est pas récité mais à chaque fois expliqué avec d’autres mots ou exemples. Je connais, je sais, mais en l’aménageant différemment à chaque fois de ce « par cœur » évolue, vit, s’adapte.
    Ce qui ne pourrait pas ce faire avec le rituel, au risque de déstabiliser l’assemblée à chaque tenue.
    Ai-je dit ?

  9. Les planches orales sans support papier sont, à ma connaissance, une spécificité de notre rite, le Rite Opératif de Salomon. Peut-être des loges ont-elles adopté cet usage en dehors de la pratique de ce rite ? Le bénéfice d’une planche présentée à l’orale est de ne pas figer la pensée. C’est la thèse d’un frère de ma loge et je dois dire qu’il m’a convaincu sur ce point. En effet, quand on prépare une planche et qu’on écrit le résultat de cette réflexion le mercredi pour la tenue du samedi par exemple, alors le samedi nous ne ferons que restituer notre pensée du mercredi. L’oralité nous permet de restituer le samedi soir notre pensée du moment (puisque nous n’apprenons pas nos planches par cœur mot à mot, mais généralement son plan que nous déroulerons avec plus ou moins d’improvisation, d’oublis…). Le ROS laisse ainsi la place au mouvement de la pensée qui ne se fige jamais.

    Quant à apprendre le rituel par cœur, ce n’est pas le cas chez nous. Il est lu. Cependant, je m’aperçois qu’au bout d’un an de maçonnerie, j’en connais déjà des parties entières à les avoir écoutées sans les avoir vraiment apprises. Les rites récités ont à mon avis été conçus pour cela. CPas sûr que le ROS se prête facilement à la récitation par cœur au vu de son texte (longueur, style…). Mais ce n’est à mon avis pas impossible ! J’y verrais comme principal intérêt une plus grande fluidité en loge.

    • J’ajouterai qu’apprendre par cœur est un calvaire quand le sujet nous emmerde, mais qu’on peut apprendre par cœur sans s’en rendre compte et en y prenant du plaisir. Toutes les chansons que l’on peut chanter sans texte ont-elles été apprises par cœur comme un écolier devant sa poésie ? Je ne crois pas… 😉

  10. Pour compléter mon mot ci-dessus, le rituel chez nous n’est pas appris par coeur, il se lit, même si, bien évidemment, le temps et la répétition afit que l’on en connait des passages par coeur.

    Pour ce qui est d’apprendre par coeur, cela, ne convient pas puisque chez nous l’oralité imposée, une une gymnastique différente se met en place.
    Une chose est importante, le sujet du travail, ma loge travaille sur le symbole, le par coeur n’est donc pas utile.

    Pour ma part, je préfère travailler sans notes, la seule chose qui m’importe est de définir un plan et de m’y tenir. Il en résulte que la trame est en général figée au fur et à mesure de ma réflexion, ce que je vais y mettre beaucoup moins.

    Lors de la présentation, le moment fait que parfois je pars dans une autre direction que celle de ma réflexion, en effet, le lieu, le rite procure une gymnastique intellectuelle qui permet peut être d’envisager d’autres voies. le plan est donc très utile pour que le développement ait un sens.

    Si l’on a travaillé et pensé son sujet, je résumerai par une page célèbre:  »

     » Avant donc que d’écrire, apprenez à penser..
    Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement,
    Et les mots pour le dire arrivent aisément.

    Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
    Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,
    Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
    Ajoutez quelquefois, et souvent effacez… »

    J’ai dit.

  11. Je ne puis qu’abonder dans le sens de Tao puisque le F:. qui l’a convaincu de l’utilité d’exprimer une pensée en mouvement, je crois bien que c’est moi.
    Parfois certains visiteurs pensent que nous faisons nos planches, à l’OITAR, « par coeur ». J’aime assez dire que nous les faisons « avec le coeur », certainement pas par coeur.
    Sur l’utilité de savoir son rituel par coeur je suis assez perplexe. Lorsque j’étais expert, j’avais des fiches et souvent je regrettais de ne pas savoir par coeur ce que j’avais à dire.

    Ellwyng écrit « Une chose est importante, le sujet du travail, ma loge travaille sur le symbole, le par coeur n’est donc pas utile. »
    Je ne comprends pas le lien entre l’éventuelle utilité du par coeur et le fait de travailler sur le symbole.

    • C’est bien de toi que je parlais… 😉

    • Je comprends que l’on ne comprenne pas le lien entre par coeur et travail sur le symbole, tant que l’on n’a pas expérimenté cette méthode.
      Travailler sur le symbole ne se limite pas forcément à un travail intellectuel. Dans les rites de l’oralité on apprend le rituel, ce faisant on l’intériorise, on se l’incorpore, on finit par se laisser travailler par le symbole au lieu de travailler sur lui. Ce qui n’exclut pas le travail de réflexion sur le symbole, ce que l’on fait en tenue d’instruction. D’ailleurs on apprend par coeur pour arriver à apprendre avec le coeur.Cette démarche chemine avec le rituel. Au rite Standard (d’Ecosse) l’apprenti a droit à la parole, la tenue qui suit son initiation il doit donner une exhortation au candidat. Et à chaque tenue le travail est réparti entre les FF par le second Ssurveillant. Ainsi la tenue est une suite de dons que les FF se font, les uns aux autres, de leur travail.Quant à la difficulté du par coeur , je peux dire que j’ai vu plus souvent des FF de profession »intellectuelle » en difficulté et des FF « opératifs » (j’ai la chance d’être dans une loge qui compte autant de travailleurs manuels que d’ « intellectuels)qui réussissait à vaincre l’idée qu’ils ne seraient jamais capables et donner des exhortations, et le par coeur disparaissait au profit dune parole offerte. L’aboutissement c’est lorsqu’un frère raconte que dans la vie profane dans une circonstance quelconque tandis qu’il parlait ou vivait un évènement telle phrase du rituel lui venait à l’esprit ou tel symbole s’imposait à son mental. Ecouter un FF donner (on ne dit jamais réciter) la planche tracée du grade (en général deux pages) en suivant avec la canne du directeur des cérémonies les symboles sur le tableau de loge fait comprendre ce qu’est un palais de mémoire.
      En revanche il me semble que cette méthode correspond à l’étude d’un rituel, je ne vois pas vraiment l’intérêt d’apprendre une planche.
      Il reste que je visite avec plaisir les rites de réflexion, ils résonnent avec le mien et l’enrichissent.
      Désolé d’avoir été long vous aurez compris que le sujet me tient à coeur.

  12. Dans mon atelier, nous le faisons déjà du moins les trois officiers principaux. J’oublier de préciser que nous travaillons au rite anglais Emulation

  13. Je ne suis pas sure qu’il faille trancher, chacun doit à mon avis se sentir libre de présenter sa planche de la manière qui le met le plus à l’aise et avec laquelle il se sent le plus en confiance. Quand au rituel je ne pense pas non plus qu’il faille tout connaitre par coeur sauf à avoir un nouvel officier pendant les cérémonies : le souffleur ! Nous connaissons tous les ravages du stress et du trac, alors travaillons de la manière qui nous permettra de faire que la cérémonie pour laquelle nous oeuvrons soit la plus réussie pour l’impétrant.

  14. Je ne crois pas que la question soit de savoir comment chacun se sent le plus à l’aise.
    Il me semble plutôt que la question, d’abord, est de se demander à quoi sert une planche, pourquoi on la fait. Il me semble que cette question toute bête n’est que trop rarement posée.

  15. Je ne suis pas FM mais Dans certaines occasions le parcoeur me paraîtra facile et dans d’autres cas ou je suis stressée le parcoeur m’est impossible.
    J’imagine alors que cet exercice pourrait plaire à certains mais pour d’autre ce serait une humiliation et une tristesse.
    Pour être égaux une feuille avec un plan c’est mieux non ?

    • Il n’y a pas de question de « par cœur » dans les planches sans support papier. C’est même à éviter, parce que ça reviendrait au même qu’une planche avec papier, mais… sans le papier ! L’oral doit permettre justement à la pensée de s’exprimer à un instant T. Il y a quelque chose de l’improvisation, même si on a un plan en tête avant d’y aller. Et il n’y a pas d’humiliation ni de tristesse quand les attentes se réduisent à écouter ce qu’un Frère ou une Sœur a à nous dire à un instant T. L’expertise, l’exégèse, la technicité ne sont pas de nos attentes. L’objectif de celui qui arrive avec cinq ou six pages recto-verso n’est pas le même que celui qui parlera entre 10 et 15 min sans support.

  16. Encore faut il être capable de parler devant une assemblée sans support.

  17. Pour ma part je dis mes planches sans papier. L’idée m’est venue non seulement pour favoriser le fluidité de l’expression mais aussi pour m.obliger à faire un effort sur moi-même. Résultat, je ne suis pas certain de dire des choses de plus en plus intelligentes mais certain de faire de la planche une sorte de pratique,comme un art martial qui chercherait à améliorer un geste. Même si un frère m’a un jour fraternellement conseillé d’arrêter d’improviser et de préparer sérieusement mes planches! Bref, un bon exercice et une bonne occasion de travailler sur soi…

  18. Bonjour à Toutes à Tous .
    je app. Au rite émulation.
    Nous ne faisons du par coeur mais avec le coeur.
    Le rituel est un texte tellement complet et tellement beau. .

    Nous pouvons lire tous les livres qui viendront en complément d »explication en attendant tout est écrit avec beaucoup de poésie. Et de détail.

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