Paroles de maçons anonymes #4

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Cela faisait longtemps que nous n’avions pas fait d’interview de maçons anonymes, alors j’ai demandé à quelques amis apprentis s’ils seraient d’accord pour nous parler un peu de leur expérience et de leur ressenti.  Voici donc la première partie des réponses que j’ai récoltées, en espérant que vous les trouviez intéressantes ! La suite devrait arriver prochainement !

1- Salut, pouvez vous nous dire quand vous êtes entrés en maçonnerie et dans quelle obédience ?

A1 : Je suis entré en maçonnerie le 11 Janvier 2013 au Grand Orient de France

A2 : Je suis entré en Maçonnerie en Mai 2011 au sein de la Grande Loge De France

2- Qu’est qui vous a surpris ou qui vous surprend encore ?

A1 : La première chose qui m’a surpris est l’accueil.
Ayant voyagé un peu dans d’autres loges et obédiences, je continue à être surpris à chaque fois que je visite – mais je le suis tout autant à chaque fois que je suis en loge.
Dès notre initiation nous sommes intégrés dans la loge. Même en ressentant parfois une certaine distance (on n’apprend pas à se connaître du jour au lendemain), il y a toujours une amitié fraternelle, des discussions ouvertes qui surviennent, des liens qui se resserrent. Le silence de l’apprenti contribue paradoxalement à ce rapprochement – c’est très étrange et à la fois très instructif.
La seconde surprise est la diversité, que ce soit en âge, en milieu socio-professionnel, en orientation politique ou religieuse : ces considérations n’ont pas leur place.
La dernière est que nous nous côtoyons sans différence, en essayant de ne pas nous laisser dominer par nos idéaux. Parfois ça marche mieux que d’autres – mais il y a généralement un grand respect dans les échanges (ou le silence). Au grand orient, ceci comprend aussi les questions de société qui peuvent être explosives.

A2 : J’avais idéalisé la maçonnerie et m’attendait à pénétrer au sein d’une élite éclairée, la réalité est autre, la maçonnerie est un regroupement d’homme, elle est riche de sa différence.
Chacun vient avec son bagage culturel œuvrer à une évolution personnelle en venant s’enrichir au contact des autres et de soi même.

3- Qu’est ce qui vous a déçu ?

A1 : Je ne pense pas avoir été déçu finalement.
Je ne m’attendais pas à la perfection (c’est notre nature de ne pas l’être) – entendre certaines réflexions ne m’a donc pas surpris ni déçu (sur des questions de mixité, de clichés inter-obédiencielles, le manichéisme un peu trop présent sur des points sociétaux, etc. …).
À mon arrivé plusieurs personnes, dont le grand maître que j’avais écouté en conférence publique puis mes enquêteurs, m’avaient bien prévenu qu’il ne fallait pas idéaliser.
Je noterais juste un point – qui était une déception passagère et qui ne l’est plus : ma loge fait surtout un travail symbolique, et non sociétale (alors que c’est l’une des raisons de mon arrivée au GODF). Ceci m’avait un peu déçu au début, mais j’apprécie maintenant ce que je découvre – j’en redemande et je vois l’utilité de la démarche. Nous avons moins de travaux sociétaux, mais c’est finalement une bonne chose : quand c’est le cas, le travail est d’une grande qualité. C’est un très bon équilibre : il est toujours possible d’assister à des tenues à l’extérieur sur des sujets précis avec un interlocuteur spécialisé sur le sujet traité (et ainsi éviter d’avoir une planche qui pourrait être abordée de façon simpliste).

A2 : Les jugements de valeurs de certains maitres (toutes obédiences/loges confondues) concernant la jeunesse en maçonnerie, ainsi que l’intégrisme de certains maitres adeptes d’une maçonnerie psychorigide qui s’enseigne plus qu’elle ne se vie.

4- Que voudriez vous changer dans le principe de fonctionnement de votre loge ?

A1 : Hormis du superficiel, je ne vois pas ce qui pourrait être changé.
Peut être essayer d’améliorer les échanges : il est très difficile d’avoir une réponse à un mail ou un sms.
Essayer d’utiliser l’outil informatique, notamment pour l’archivage de nos planches et de nos tracés ou la mise à disposition de notre calendrier (pour la loge, mais aussi pour favoriser les contacts avec d’autres loges ou obédiences). Le site de notre obédience permet normalement ceci, mais il est très lent.
Enfin, mais ceci touche peut être plus le rôle de chaque individu, encourager ou faciliter les échanges en dehors de la loge – notamment pour pouvoir continuer notre travail à l’extérieur.

A2 : Faire en sorte que pour l’organisation de la vie en loge, le caractère initiatique prévale toujours sur le caractère administratif.

5- Qu’est ce qui vous fera rester en maçonnerie ?

A1 : En plus des raisons citées plus haut (dans « ce qui m’a surpris »), j’apprécie le fait de pouvoir retrouver sereinement ma loge en coupant toute relation avec la vie de tout les jours.
Il est si rare dans notre époque effrénée de pouvoir prendre le temps de la réflexion, de prendre du recul …

A2 : J’ai foi en la méthode maçonnique, il m’arrive d’être déçu par les maçons mais pas par la maçonnerie, j’irai le plus loin possible dans ma démarche.

6- Qu’est ce qui vous fera partir ?

A1 : Je ne me suis jamais posé cette question. Et à l’heure actuelle, je ne vois rien qui puisse le faire.
Un changement géographique me ferait changer de loge, mais pas partir.
Comme si il m’arrivait de rencontrer un problème insurmontable … ce serait plus un changement de loge voire d’obédience (sachant que l’un des avantages du GODF est qu’il est possible de travailler d’une multitude de façon, avec une multitude de rites). Mais je ne vois pas comment envisager ceci ni le type de problème que je pourrais rencontrer.

A2 : Des impératifs personnels si ceux ci ne me permettent plus de me rendre en loge (famille / travail / maladie)

7- Lorsque la maçonnerie est née en France, il y avait une Grande Loge, aujourd’hui on compte une quarantaine d’obédiences, qu’est ce que cela vous évoque ?

A1 : Une quarantaine d’obédience est sûrement un nombre un peu conséquent : à l’image des divisions humaines et peut être d’une certaine quête de pouvoir.
Ce qui peut être décevant est la déconnexion que l’on ressent parfois entre le travail en loge, et la direction de nos obédiences. Mais c’est ainsi que fonctionne toute société humaine jusqu’à présent.
Toutefois, ces divisions permettent de faire évoluer chaque obédience, d’essayer d’autres chemins et de n’être ainsi pas figées dans l’histoire.

A2 : Cette multiplication des maçonneries met en avant sa diversité qui est également sa force, le fond reste le même, à savoir l’amélioration de l’homme en passant par la découverte de soi.
Les formes pour atteindre ce but sont multiples, elle permettent à un plus grand nombre de maçons sans tablier de se reconnaitre dans les méthodes de travail proposées.

Merci à vous deux !

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Catégories :Rencontres

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3 réponses

  1. Je crois que j’ai reconnu A1 ! En tout cas, bienvenue à l’Association des Maçons Anonymes, mes FF ! 😉

  2. merci pour le témoignage 🙂

Rétroliens

  1. Revue de Web Maçonnique Hebdomadaire – 26 | GADLU.INFO - FRANC-MACONNERIE

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