Je ne partagerai pas l’interview de José Gulino

Je ne partagerai pas l’interview de José Gulino sur France Culture.
Je ne le ferai pas car j’estime que l’épisode de Divers aspects de la pensée contemporaine, proposé par Daniel Morfouace et diffusée le 4 aout 2013 sur France Culture n’est pas une émission d’actualité, ou d’information sur le Grand Orient de France, mais une émission extrêmement partisane ; or j’estime qu’une radio de cette qualité ne doit pas tomber, quelle qu’en soit la raison, dans la politique obédiencielle, ou le prosélytisme.
Je ne le ferai pas car je trouve très enfantine et indigne de nos principes cette façon qu’ont les Grands maîtres du GO et de la GLDF, Jose Gulino et Marc Henry, de jouer une sorte de partie de ping-pong sans fin, à coup de petits pics ou grosses vacheries, dont la majorité des membres de ces deux obédiences, amies de longue date, n’ont que faire.
Je ne le ferai pas car je trouve que ces batailles, par blogs ou interviews interposés, visant à déterminer qui a le plus gros zizi,  le plus efficace, ou le plus vieux, sont bien éloignés des travaux sur lesquels nous sommes censés focaliser notre énergie et notre attention.
J’avoue m’y etre perdu moi aussi, attiré par la volonté de défendre le GO face à ceux qui ne voient dans cette obedience qu’un tas de politicards qui ne comprennent rien au symbolisme, mais à quoi bon ? Après tout, chacun est libre de penser ce qu’il veut, et de se tromper parfois avec conviction. Si je porte de temps en temps des jugements sur le fonctionnement de la GLDF, ou même du GO, je ne critique pas les membres sincères, qui ont des préoccupations bien plus intéressantes, en général, que les amateurs du conflit GO/CMF qui nous étalent à longueur de journée leurs arguments.
La maçonnerie est un chemin que l’on parcourt seul, mais a plusieurs. Chacun est donc libre d’y voir ce qu’il souhaite y voir, et d’y trouver ce qu’il souhaite y apporter. Il n’y a pas de vérité quant à la finalité de la maçonnerie, pas plus que de vérité sur ce que serait la vraie et la fausse maçonnerie. Ce qui compte, c’est que tout le monde trouve chaussure a son pied pour s’élever en fraternité.
Au fond, toutes les notions de régularité, de reconnaissance, de maçonnerie vraie, originale, politique, sociétale, ésotérique, symbolique, et autres ne servent qu’à se rassurer sur le fait qu’on est bien dans son obedience, ou au contraire qu’on n’y est plus à sa place et qu’il faut changer. C’est certainement plus informatif qu’initiatique !
Defendons une maçonnerie multiple et variée, et que chacun respecte les autres maçonneries comme égales de la sienne. Laissons les administratifs nous exposer leurs faiblesses et leur ego dans cette guerre fratricide qui fait plus sourire que réfléchir et revenons à l’essentiel : le travail.
Il y a une différence entre marquer l’Histoire par ses actions, et gesticuler dans tous les sens pour espérer marquer l’Histoire.

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Catégories :Actualités

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13 réponses

  1. Mon cher Frère Guizmo,

    Tes propos me mettent en joie tout autant qu’ils apportent de la sérénité dans mon cœur.
    Je me suis toujours battue (et je continuerai jusqu’au bout) pour une Franc-maçonnerie Universelle sans distinction de Rites, d’Obédiences ou Fédérations ou de statut de Loge dite « sauvage », de choix de mixité ou non. Et sans papiers divers et variés de reconnaissance mutuelle provisoire qui induisent ipso facto des exclusions et des exclusives.

    Je peux porter témoignage que la plupart des Maçons des Loges bleues (et Ateliers de perfection) sont finalement peu concernés par tous ces remue-ménages qu’ils observent d’un œil souvent attristé.

    La Franc-maçonnerie est un joyau à multiples facettes. Chacun peut trouver la facette qui lui correspond, mais dans la multiplicité nous sommes UN.

    Irène

  2. Oui, j’avais déjà lu cet article frappé au coin du bon sens. 🙂
    Bien entendu, j’adhère…

  3. que d’énergies perdues

  4. je me pose une question,
    justement, que se passe-t-il pour que, ce travail, toutes ces réflexions, que nous effectuons puissent nous amener a une telle vision égocentrée de la FM?
    égocentré est peut-être un mot fort, mais tout de même, plus je lis plus j’écoute et moins je comprends ce qui peu, à ce point, amener certains FF à se déchirer, par un besoin qui je crois au final, n’est que celui du pouvoir et de la reconnaissance de soi, plus que de la FM elle même.
    je ne sais pas, je ne comprends pas, mais j’avoue que ça m’interpelle beaucoup.
    Il y a certainement une raison à cela, des blessures internes, des déceptions, une quête quelconque…
    j’aimerai beaucoup avoir l’avis de ces FF justement, pourquoi et comment en sont-ils arrivés a penser que seul leur chemin est véritable et valable, reconnu et digne d’être de la FM? et pourquoi le chemin d’un autre F ou d’une autre S serait tout sauf de la FM?
    A quel moment le switch s’est-il opéré dans leur tête? A quel moment le travail que nous effectuons les a amener là où ils sont aujourd’hui? et au final pour défendre quoi? qu’y a-t-il à défendre?

    oui…je pense qu’à la rentrée je vais poser ce genre de question dans ma loge pour voir…car vraiment ça m’interpelle.

    si vous avez des pistes de réflexion à ce sujet je suis toute ouie…

  5. Les torts sont, de l’extérieur, partagés entre ces deux Grands Maîtres, en effet. D’un côté on rassemble ce qui est épars mais avec un épisode d’exclusion temporaire de certains (et certaines of course), tout en s’affichant comme les « seuls / vrais » représentants de la « tradition », et de l’autre on se venge mesquinement en excluant de ses locaux des Frères qui travaillent dans d’autres obédiences. Le tout enrobé de discours épiques… Tout ceci ne rend pas service à la FM et fait malheureusement penser à l’ambiance en 2008 avec les premiers départs de la GLNF…

    J’ajouterai (comme j’ai pu l’écrire ailleurs) que la proposition de Philippe Bodhuin d’ajouter le paragraphe suivant aux constitutions des différentes obédiences (« Tout Franc-maçon régulièrement initié est libre de visiter toutes les Loges de toutes les Obédiences, et toutes les Loges maçonniques sont libres de recevoir toute S ou tout F régulièrement initié. »), se trouve déjà presque mot pour mot dans les statuts de mon Ordre… 😉 Welcome à tous !

    • Hein, quoi ? Mais tu fais du prosélytisme là !

      @Chrysalide : le pouvoir corrompt c’est bien connu ! Bon, on va encore me dire que c’est faux, archi faux et que j’invente, mais historiquement parlant, alors que la France n’avait pas encore de maçonnerie reconnue par la GLUA, la GLDF n’a pas eu cette reconnaissance, et c’est la GLNF, une obédience créée a partir du Grand Orient de France, qui l’obtint.
      Mais comme tu le sais, la GLNF a perdu cette reconnaissance, et il semble normal, d’une certaine façon, que la GLDF se soit de nouveau positionnée dans une quete de la reconnaissance qu’elle n’avait pas eu.
      Soyons honnêtes, c’est de là que tout est parti… En s’associant avec quelques obédiences créées à partir de la GLNF, la GLDF se place clairement dans la course.
      Mais le GO étant tellement en opposition avec les principes de la GLUA, que cette reconnaissance sera plus facile à avoir lorsque les ententes historiques entre GO et GLDF seront clairement brouillées.

      @Tao : j’aimerais vraiment vous rendre visite, tu le sais. Et franchement, je regrette qu’il n’y ait pas de loges de OITAR dans mon trou perdu…

  6. Que doivent donc penser les profanes (dont je suis) de ces incessantes querelles intestines ?
    Alors que la maçonnerie est censée prôner l’unité et l’harmonie…

  7. Que c’est une société humaine et que ces querelles ne sont l’œuvre de quelques-uns qui ne représentent pas l’ensemble des francs-maçons, pas plus que les prêtres pédophiles ne représentent l’ensemble du clergé.

    Mais je pense qu’en fait, l’ensemble des profanes s’en fiche totalement ; même les gros titres dénonçant un FM véreux ou violeur ne les émoustilleront pas plus qu’un accident de train au Pérou. Ce sera lu, peut-être commenté au bistrot, puis oublié pour passer aux résultats du Loto.

    Ceux qui en feront leurs choux gras défileront devant les loges en criant au complot politique judéomaçonnique.

    Et ceux qui s’intéresse de plus près (peut-être comme toi, Grumpy), seront déçus de voir que leurs rêves d’une humanité harmonieuse n’est pas encore à l’ordre du jour.

    La seule consolation est de se dire que beaucoup de frères et de sœurs sont bien au-delà ce ces mesquineries de grands Manitous, comme Guizmo, Irène et d’autres l’écrivent sur les différents blogs et forums maçonniques ou non.

  8. @ Guizmo:
    oui, en effet d’un point de vue historique les querelles s’expliquent certes…ça je peux le comprendre…mais d’un point de vue personnel? c’est là que je ne pige pas.
    Pour être tout à fait sincère, le terme même de reconnaissance est plutôt parlant…nous en sommes tous plus ou moins réduit à ça, la reconnaissance de l’autre, et être reconnu par l’autre à tous les niveaux, lié à la notion et recherche de pouvoir ça fait de sacrés dégâts….donc le terme même de besoin de reconnaissance est sans doute à creuser.

    • La, tu tombes dans une reflexion philosophique : existe t’on sans la reconnaissance de l’autre ?
      C’est interessant comme discussion ceci-dit.

      Dans le cadre de ceux qui cherchent la reconnaissance de la GLUA, il y a clairement un besoin de se sentir heritier d’une tradition « officielle », que celle ci soit historiquement vraie ou pas.

  9. Un FM se définit par la reconnaissance.
    Dans tous les rites, je crois, en tous cas dans ceux que je connais un peu, l’une des réponses à la question « êtes-vous franc maçon ? » est « mes Frères ( et mes Soeurs, pour certains d’entre nous ) me reconnaissent comme tel ( ou pour tel) )
    On n’est FM que parce que l’on est reconnu comme FM.

    La question est, ensuite, de savoir par qui l’on doit être reconnu.

    Ce qui m’importe, moi, maçon de base, c’est d’être reconnu comme franc maçon par mes FF:. et mes SS:. et, personnellement, être reconnu par la GLUA, ça m’intéresse autant que d’être reconnu par le pape ou par le Grand Maître de la Confrérie de la Citrouille.

  10. Oui claudestmalo, mais se reconnaitre entre nous comme FM, n’est pas pour moi la même chose que le besoin de reconnaissance.
    Dans le premier cas, c’est un signe d’appartenance à qq chose de plus grand que nous, que nous avons en commun…
    dans l’autre c’est plus personnel, individuel, dans le sens besoin de reconnaissance de ce que nous sommes et faisons, emprunt d’un besoin de gratification, et je crois que dans ce cas là il y a toujours une nécessité de comparaison et donc aussi de jugement.

    et en effet Guizmo il s’agit surtout d’une réflexion philosophique, qui m’intéresse beaucoup en ce moment, car je remarque ce besoin de reconnaissance à tous les niveaux que ce soit dans la sphère privée ou professionnelle, et malheureusement bien souvent cela terni les relations.

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