L’Art d’avoir toujours raison – Arthur Schopenhauer

Art_raison

« L’Art d’avoir toujours raison » est un petit livre d’Arthur Schopenhauer, qui se lit très rapidement, et très facilement.
Il part du principe que lors d’une discussion, si deux interlocuteurs défendent chacun un point de vue différent, il leur faudra obligatoirement, à un moment donné, à moins d’être vraiment sur de la véracité de tous leurs propos, être capables d’argumenter, à l’aide de ficelles et de techniques emplies de mauvaise foi, pour faire passer pour vraie, une vérité qui n’est l’est pas forcément.
Après avoir pris le temps de définir ce qu’est pour lui la dialectique, qu’il prend bien soin de différencier de la rhétorique, du sophisme, et de la logique, Schopenhauer va partir dans une longue énumération de techniques d’argumentation, et de leurs parades.
Il est donc assez amusant de voir à quel point le philosophe prévoit toutes les situations du type  « Tu affirmes, en tenant pour vrai, quelque chose de faux, ton adversaire sait que c’est faux, mais le public, moins instruit croit que c’est vrai, et du coup tu gagnes », ou encore, « cette technique permet de mettre ton opposant en colère, ce qui risque de lui brouiller l’esprit », ou enfin, « s’il généralise pour proposer un argument qui n’est plus valide, montre alors que c’est sa généralisation qui n’est pas logique ».
Voici le genre de choses que vous retrouverez dans ce livre qui ne prend pas plus d’une heure à lire.
Je vous invite donc à vous le procurer !

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2 réponses

  1. Merci Guizmo de citer ce grand et vrai philosophe ! Citons en passant une autre de ses nombreuses pensées :
    « Excepté l’homme, aucun être ne s’étonne de sa propre existence ; c’est pour tous une chose si naturelle, qu’ils ne la remarquent même pas. (…) C’est seulement après que l’essence intime de la nature (le vouloir vivre dans son objectivation) s’est développée, avec toute sa force et toute sa joie, à travers les deux règnes de l’existence inconsciente, puis à travers la série si longue et si étendue des animaux ; c’est alors enfin, avec l’apparition de la raison, c’est-à-dire chez l’homme, qu’elle s’éveille pour la première fois à la réflexion ; elle s’étonne de ses propres œuvres et se demande à elle-même ce qu’elle est. Son étonnement est d’autant plus sérieux que, pour la première fois, elle s’approche de la mort avec une pleine conscience, et qu’avec la limitation de toute existence, l’inutilité de tout effort devient pour elle plus ou moins évidente. De cette réflexion et de cet étonnement naît le besoin métaphysique qui est propre à l’homme seul. L’homme est un animal métaphysique. »

    Arthur Schopenhauer, Le Monde comme volonté et comme représentation
    Lien : http://lacademie.wordpress.com/2013/09/14/pensee-du-14-septembre-13/

  2. Je n’ai jamais lu Arthur Schopenhauer (sauf quelques extraits oubliés durant mes études et que mon mon petit cerveau a du oublié), cela manque à ma culture.
    Mais l’intervention de giraudet (merci à toi) me donne envie, alors que le titre « L’Art d’avoir toujours raison » ne me donnait pas envie.
    Je me méfie beaucoup de la dialectique dans ses dérapages constants vers le sophisme.
    Heureusement que la méthode symbolique nous évite ces pièges (enfin on peut l’espérer…).
    🙂

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