Le pape doit-il être moderne ?

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Le pape doit-il être moderne ? C’est la question qui a été posée lors de la dernière émission « Du grain à moudre » diffusée sur France Culture.
Force est de constater qu’en succédant à un Pape résolument conservateur, et vecteur d’une « tradition » dont l’origine se perdait dans la nuit des temps (ok, je force un peu le trait), le Pape François apparait aujourd’hui comme un Pape « Fashion », dans son époque, sécularisé pour employer un joli mot. Il tweete, il téléphone, il envoie des mails, et surtout, il souffle un grand coup sur une Religion Catholique qui sentait un peu la poussière.
De prises de positions plus modérées, à des interviews à répétition, le Pape François s’affiche dans une modernité qui, si elle peut parfois sembler un peu poussive, artificielle, a le mérite de bénéficier d’une forte popularité. Loin de moi l’idée de ramener tout cela à la seule volonté de faire un prosélytisme efficace chez la jeune génération pour repeupler les rangs d’une Religion en déclin ; d’ailleurs ce n’est pas moi qui parlait de déchristianisation du Monde, c’était Luc Ferry voila quelques semaines…. alors…

Non, moi, c’est la question posée dans le titre qui m’intéresse, car que l’on adhère ou pas au dogme catholique, le Pape représente bien une institution qui véhicule une idée de tradition, quelque chose qui n’a pas beaucoup évolué au cours du temps, qui perdure malgré les années, un peu comme ce que l’on vit en maçonnerie. Nous, maçons, répétons à chaque tenue des gestes et des paroles que d’autres maçons ont réalisés et dites de la même façon, années après années, siècles après siècles. Pourtant le monde, lui, bouge, et évolue même très vite. Alors s’interroger sur le besoin de s’inscrire dans son temps, afin d’intéresser les plus jeunes et d’éviter le vieillissement prématuré, ou au contraire de faire une pause dans cette course folle, de s’évader du temps qui passe, et de rester garant d’une tradition et d’une Histoire qui se doit de respecter ce qu’elle a toujours été, est une réflexion qui s’avère être passionnante.

C’est pourquoi je vous invite à aller écouter cette émission qui est disponible juste ici !

PS : il ne suis pas le blog sur Twitter, ce qui le met quand même un peu hors du coup…

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Catégories :Actualités

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7 réponses

  1. Pas envie d’écouter l’émission, car du grain à moudre m’a pas mal saoulé (je l’ai beaucoup écouté). Pour la question initiale, je pense qu’on peut jouer sur la double trajectoire, c’est à dire moderniser l’église tout en gardant ses fondations. L’église catholique est (théoriquement) dépositaire d’une philosophie, d’un dogme, d’une trajectoire intemporelle, qui à mon sens ne doit pas changer à moins de changer le nom de la structure. Mais ses procédures, ses rites ont considérablement évolué au cours du temps. Je pense que l’église catholique est inscrite dans notre époque dans le sens où elle est désormais fragmenté entre diverses tendances, diverses écoles qui si ils reconnaissent plus ou moins la souveraineté de Rome ne la font plus évoluer car trop préoccupé à faire vivre leurs propres structures. Les outils de communication ne rendent pas l’église plus « moderne » que ne l’a fait l’abandon de la messe en latin et le fait de faire la messe en tournant le dos à l’autel. Personnellement si j’étais croyant, j’aurais été plus gêné par ce dernier (faire face à la foule) que par l’utilisation du français pour la messe. Cela ressort d’un problème de foi plus important: un ministère du culte peut il tourner le dos à sa déité ?
    En luttant contre l’IVG et la contraception, l’église est dans son rôle. Revenir là-dessus pour être moderne serait une erreur. Revenir là-dessus parce que des théologiens ont réfléchis si le dogme le permettait, c’est autre chose.
    Je suis pas très clair, je sais, d’autant plus que la tradition a été confisquée par les crétins d’extrême droite et que je ne suis pas croyant.
    Tout comme nos rituels mon cher Guizmo. On peut créer de nouveaux rituels tant qu’on n’essaye pas de les faire passer pour plus « vrais » ou plus « purs » que les anciens. Un « vrai » rituel doit être intemporel, il parle à l’humanité avec les mots d’une époque.

  2. Allez, je me lance dans l’emission !

  3. Bonjour,
    je trouve la question curieuse, car le pape François est-il vraiment moderne ? Je pense qu’il revient surtout aux fondamentaux : les Evangiles. Des trucs aussi « basique » que « Aime ton prochain comme toi-même » ou « Tu ne jugeras pas ».
    Ce n’est pas pour autant qu’il approuve l’IVG, l’homosexualité, le divorce etc… cependant, à l’inverse de nombre de « bien-pensants » il ne stigmatise pas les pêcheurs et fait preuve de tolérance et de fraternité. Un mot qui ne nous est heureusement pas réservé :-).
    Dès lors la messe, qui n’est pas à mon avis comparable à notre rituel puisqu’elle n’a pas de symboles (c’est plutôt, pour faire vite, une approche mystique), peut et même doit évoluer pour accompagner dans sa forme les transformations du monde. Mais, et là elle rejoint notre rituel, si on perd le sens fondamental, ce pourquoi elle/il est pratiqué(e), cela ne sert à rien (je ne suis qu’une cymbale retentissante.;-) ).
    Bon travaux,

    • La messe qui n’a pas de symbole, c’est vite dit… Même pour l’athée que je suis… Je t’inviterai une prochaine fois à noter la couleur de l’étole du prêtre en fonction du moment de l’année… Etc, etc.

  4. Moi qui suis tout aussi athée que Tao je suis surpris de cette affirmation « la messe qui n’a pas de symbole … »
    Moi qui ne connait de messe que d’enterrement ou de mariage, je vois des symboles partout.

    • Voilà, je savais que je n’aurais pas du faire de raccourcis :-). Le symbole en maçonnerie, (pour ce que j’en connais et ce que j’en perçois/ en ai compris / essaie de pratiquer…) c’est un outil, une sorte de levier pour faire avancer sa réflexion. A la messe, la couleur de l’étole est fonction du calendrier (verte pour les dimanches ordinaire, rouge, violette etc…) a bien entendu un sens, mais c’est, du moins tel que je le perçois, quelque chose plus « informatif » que invitant à la réflexion.
      Mais, surtout ( et c’est cela que j’avais en tête en disant que ce n’est pas une pratique symbolique) le pain et le vin ne sont pas des symboles (du moins pour les pratiquants), ils deviennent littéralement le corps et le sang du Christ, grâce à la transubstanciation (d’où l’autre raccourci « approche mystique »).
      D’accord d’un point de vue « extérieur » c’est symbolique, mais pas d’un point de vue « interne », alors que en maçonnerie on revendique le fait d’avoir des symboles et de travailler avec.
      Bon travaux.

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