Paroles de rosicrucien

Aujourd’hui, nous allons nous intéresser à la Rose Croix au travers d’une série de questions auxquelles Jacques Courtois, auteur du blog Réflexions sur trois points, a eu la gentillesse de répondre.
N’hésitez pas à partager vos interrogations supplémentaires via les commentaires, Jacques se fera un plaisir de vous apporter de plus amples informations sur cet ordre, j’en suis certain.

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1Bonjour Jacques, comment avez vous entendu parler de la Rose-Croix et qu’est-ce qui vous a poussé à rentrer dans un mouvement rosicrucien ?

Une véritable révélation, en fait, suite à une NDE en 1986 (accident de la circulation). Très jeune, j’ai toujours été orienté vers le mysticisme chrétien mais je ne connaissais même pas l’existence des mouvements issus de la Tradition (à part les ordres néo-templiers).

J’ai donc cherché et « comme par hasard » (dont nous savons bien qu’il n’existe pas), j’ai pendant ma convalescence, en lisant toute une collection de la revue Le Monde Inconnu (hélas disparue, sans avoir été remplacée), remarqué un article publié par l’A.m.o.r.c. et c’est moi qui ait pris l’initiative d’en franchir librement le seuil.

2 – Que vous attendiez vous a y trouver et qu’y avez vous trouvé ?

Très exactement ce que je cherchais, je vous l’affirme en toute honnêteté et sincérité : le pourquoi et le but de mon existence sur terre.

  • Une réponse à d’où venons-nous, où sommes-nous, où allons nous ?

  • La confirmation de la préexistence et de l’immortalité de l’âme.

  • Des outils : – A : enseignements oraux et écrits de valeur, non dogmatiques et riches d’expériences. La première des vertus, la … patience ! Il faut au départ, s’exercer, travailler seul (le rosicrucien est son propre laboratoire, « connais-toi-ti-même, et tu connaitras l’univers et les dieux »). – B : l’Initiation… (12 degrés).

  • En fréquentant les loges, le calme, la sérénité, une grande simplicité, la compassion la charité et bien entendu, la fraternité. En outre, la mixité (égalité des sexes) et l’antiracisme.

En résumé, j’ai pris conscience au fil des jours d’une certaine évolution. Suivant l’adage rosicrucien célèbre : « élèves-toi et ainsi tu élèveras l’Humanité toute entière ». J’ai pris conscience d’une transformation psychologique mais aussi comportementale (caractère, agissements envers autrui, et même, une meilleure santé qu’elle soit mentale ou physique, etc.). J’ai aussi appris à prendre du recul, de ne pas porter de jugements, de vivre avec mon temps et dans la société.

3- Il a existe, au cours des derniers siècles, plusieurs associations se réclamant de la Rose Croix, dont la Rose Croix d’Or, ou plus récemment, l’Ancien et Mystique Ordre de la Rose Croix. Comment expliquez-vous qu’il y ait eu autant de représentations de la Rose Croix sans apparente filiation entre elles ?

Très sincèrement, je constate qu’il y a (beaucoup) moins de mouvements qui se réclament aujourd’hui de la Rose+Croix que de la Franc-Maçonnerie (nous allons bientôt battre tous les records irraisonnables) et du Martinisme (en pleine expansion).

Je pense que cette diversité (si elle est bien évidement sérieusement ordonnée) est saine, même salutaire : qui peut-être sur de détenir LA vérité ? Qui peut raisonnablement se prévaloir d’être la seule expression authentique de la Rose+Croix ? Il y a plusieurs pentes pour gravir la montagne, comme il y a plusieurs demeures dans la maison du père.

Bien sur, toutes ces écoles ne sont pas orientées vers le même idéal, certaines versent dans une écologie intellectuelle et pratique, d’autres trouvent dans le spiritisme, l’astrologie, l’hermétisme etc. un but à leur quête. Mais je ne connais pas actuellement de sectes qui se prévalent de la Rose-Croix.

Le cherchant veillera à trier par lui-même le bon grain de l’ivraie et prendre toutes les précautions pour éviter la dérive sectaire.

4 – Précisément, que diriez vous a ceux qui voient dans l’Amorc une association mystico-sectaire à tendance New Age ?

Pour ce qui est du New Age (d’une autre époque, déjà !), écartons tout-de-suite : c’est être totalement ignorant et du new-âge, et de l’Amorc pour faire une pareille assimilation. Quand on ne sait pas, on se tait au lieu d’affirmer, parler pour parler. Donc, qu’ils se taisent, tout simplement !

Pour le problème du sectarisme, je distingue deux catégories :

  • Ceux qui se trompent parce qu’ils sont mal renseignés. Nous avons encore beaucoup de travail à faire pour mieux faire connaître l’Amorc mais aurez certainement remarqué celui accompli sous l’impulsion du Grand-Maître actuel pour la France et les pays francophones : conférences publiques, internet, etc.

  • Ceux qui se sont fait les artisans de sa sectarisation, comme par exemple celle engagée par une obédience maçonnique hégémonique qui a instrumentalisé nombre d’associations anti-sectaires et une en particulier. A ceux qui maintiennent aujourd’hui pareille assertion diffamante, je rappellerai simplement que la seconde commission parlementaire à fait place nette, que la Milvitudes à également reconnu, par la voix et l’écrit de sa présidente, que l’Amorc n’était en aucun cas une secte, de même une autorité religieuse catholique qui est en charge de ce terrible problème que représentent les sectes.

Franchement, ceux qui au 21° siècle osent encore jeter l’opprobre sur cet Ordre respectable et vénérable, n’ont plus d’excuses car ils disposent de toutes les informations nécessaires.

5- Qu’est-ce qui vous pousserait à quitter l’Amorc ?

C’est une question que je ne me pose pas, non par légèreté mais parce-que je ne peux pas imaginer d’avance une situation qui m’imposerait une telle décision.

6 – Vous êtes également Franc-maçon et Martiniste, en quoi ces trois sociétés initiatiques sont elles complémentaires ou différentes ?

Partons de la Franc-maçonnerie, elle est, schématiquement, philosophique, humaniste et spirituelle (pour certaines obédiences).

Le rosicrucianisme y ajoute une dimension mystique.

Le Martinisme est pour moi (maçon qui pratique le REAA) la forme de chevalerie chrétienne qui me convient, n’étant pas rectifié.

7- Comment parvient-on a concilier une recherche mystique et spirituelle dans un monde de plus en plus matérialiste ?

Vous connaissez, « la tête au ciel mais les pieds sur terre » ? Il y aura toujours des exaltés, des marginaux (et non des marginalisés), des personnes pour qui « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » et qui s’enfermeront dans un idéalisme forcené qui les mets hors-jeu. Ceux là n’ont pas de problème pour concilier le spirituel et le matériel.

Et puis, il y a les autres, ceux qui vivent leur époque, qui ouvrent les yeux, entendent, et parlent avec raison.

C’est en prenant conscience que notre monde devient de plus en plus matérialiste que l’on parvient précisément à concilier sa quête mystique et spirituelle. Il y a des signes de plus en plus évidents qui corroborent cette assertion, même et y compris dans les religions (avec malheureusement, le développement des extrêmes).

Pour bien comprendre cela, il faut admettre qu’un vrai mystique est également un utopiste, au bon sens du terme. Sans utopie, on n’avance pas, on ne peut pas faire de la recherche, pire, on ne peut pas espérer et aspirer à un monde meilleur. Selon Platon, « l’Utopie est la forme de la Société idéale. Peut-être est-il impossible de la réaliser sur terre, mais c’est en elle qu’un sage doit placer tous ses espoirs » !

Il faut croire en la régénération de l’Humanité pour continuer d’avancer malgré les vicissitudes de notre époque.

En écoutant la « voix de sa conscience », le mystique, le spiritualiste, tous les hommes de désir oeuvrent avec un esprit de compassion, de générosité, de charité, ce qui n’est pas la même chose.

Etre humaniste, c’est d’abord prendre conscience que nous sommes tous frères et sœurs, que le même sang coule dans nos veines quelque soit la couleur de notre peau.

8 De vos tabliers de Rosicrucien, de Macon et de Martiniste, duquel êtes-vous le plus fier ?

Réponse quasi identique à celle posée en 5 : je serais extrêmement malheureux de perdre un des trois !

9- Qu’est-ce qui vous fait douter aujourd’hui ?

Moi… Seul responsable d’un échec, d’une faute, et qui m’exclurait du monde en marche pour ne pas avoir fait preuve de confiance et d’amour pour mon prochain. Je serai alors dans le doute, condamné à errer dans la forêt des erreurs comme les chevaliers du roi Arthur.

Le doute s’installerait alors, parce que je réaliserais combien je serais inutile, stérile, peut-être même nuisible.

Nous n’avons pas le droit de ne pas espérer, de renoncer.

10- Que voudriez-vous ajouter ?

Que notre premier devoir est de « vivre », soyons en permanence en quête de notre bonheur personnel afin de pouvoir le communiquer aux autres !
Nous sommes les seuls maitres de nos destins : avant d’attendre des autres, interrogeons nous sur ce que nous avons d’abord fait (travail) sur nous-mêmes, sur notre égo, et si nous sommes bien en accord avec cette petite voix intérieure qui nous demande en permanence si nous avons oui ou non bien décidé et agi en parfait accord avec notre conscience.
Mais, puisque nous avons quelques points en commun, je terminerai faisant mienne cette profonde réflexion d’Alain Pozarnik, passé Grand-Maitre de la Grande Loge de France, à propos de la Méthode Initiatique :

« Dans notre civilisation en crise, de la liberté de l’esprit est la promesse inattendue d’une indicible espérance […] vivre la plus belle aventure qui soit, celle de notre vie consciente au milieu de celles des autres, tout en allant oser aller vers l’inconnu » !

Merci beaucoup Jacques, et à bientot sur ton blog Réflexions sur trois points !

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2 réponses

  1. Un témoignage bien émouvant et bien intéressant de la part de Jacques Courtois. Cela dit, je me demande comment, cher Jacques, vous pouvez concilier les 3 voies en même temps. Une voie, deux; à la rigueur, mais 3 en même temps? C’est qu’il faut être sacrément disponible pour aller aux tenues rosicruciennes, maçonniques et martiniste, et, d’un point de vue matériel, quand même cotiser 3 fois. Reste-t-il du temps libre? Sur un plan plus général, comment les autres, qui suivent 2 ou 3 traditions à la fois, se débrouillent-ils?

  2. Concilier, je me suis déjà expliqué dans l’article (sur leur complémentarité, aucune concurrence entre les 3), mais sur le plan matériel, effectivement, j’ai rencontré d’énormes difficultés. Les tenues maçonniques en semaine, les rosicruciennes et martinistes 2 samedi ou dimanche par mois, mais quand vous êtes officier, c’est presque … tous les w.e. ! La vie de famille en prend un coup, surtout si votre épouse est profane !
    Sur le plan des cotisations , il est vrai qu’il vaut mieux être actif… aujourd’hui, l’âge poussant et la santé déclinant, je ne fréquente plus les « organismes locaux » (terme fédérateur mais horrible), parfois en visiteur, mais je participe toujours aux grands rassemblement annuels des diverses « organisations ».

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