La rigueur intellectuelle

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Voila quelques mois, un ancien professeur de collège avec lequel j’ai gardé contact m’a fait savoir qu’une fille de ma classe était partie dans une réflexion un peu alarmante et m’a demandé si par hasard je pourrais essayer de discuter avec elle. Connaissant mon penchant prononcé pour tout ce qui est rationnel, elle pensait que je pourrais peut être l’aider à ne pas trop perdre pied.

En effet, en discutant avec cette ancienne copine de classe, je me suis aperçu qu’elle croyait en à peu près tout ce qui allait contre la pensée dominante, tout ce qui était acquis pour vrai, ce qui était démontré, accepté. Ainsi, elle défendait par exemple l’idée que les grandes pyramides d’Egypte ont été construites par des extra-terrestres, que ces extra-terrestres étaient le chainon manquant dans le développement de l’espèce humaine, que elle même était descendante d’une union entre un extra terrestre et un femme humaine, ce qui lui procurait un don de clairvoyance, lui permettait de produire de l’écriture automatique passant des messages de l’au delà, et l’engageait dans une sorte de mission consistant à éveiller les Humains pour les rendre plus éclairés. Évidemment, elle baignait aussi dans les théories du complot du type : on nous ment sur l’origine de l’Univers, sur la vie extra terrestre, les grands gouvernements nous cachent tout et tentent de nous asservir, de nous empêcher de penser, de savoir. Je suis sur que vous avez déjà croisé ce genre de personne, mais peut-être n’avez vous pas essayé de discuter calmement avec l’une d’entre elle. Je l’ai fait.

Ce qui est ressorti de ces heures passées à échanger, c’est qu’il était finalement impossible de progresser, d’avancer sur le chemin d’une quelconque vérité, car celle-ci raisonnait sans aucune rigueur. Nos méthodes d’investigations si je puis dire étaient incompatibles et le dialogue impossible. C’est là que la rigueur intellectuelle m’est apparue comme le point de départ de toute progression sur le chemin d’une quête de vérité.

Quelques jours plus tard paraissait en librairie le dernier livre d’Eric Zemmour dans lequel le polémiste, d’après de nombreux spécialistes, ne s’était pas gêné pour falsifier allègrement les chiffres de l’INSEE dans le but de trouver des arguments lui permettant de soutenir sa thèse. Là encore, nous étions en plein cas de manque de rigueur intellectuelle. Une démonstration, quelle qu’elle soit, consiste à partir d’hypothèses observées et par un enchaînement d’étapes démontrées, ou logiques, permet d’arriver à une conclusion. Si les hypothèses sont fausses, alors la démonstration ne vaut plus rien et la conclusion est fausse.

J’aimerais commencer par revenir sur le cas de mon ancienne collègue de classe pour essayer de comprendre, dans un premier temps, comment on arrive à croire tout ce que l’on peut dénicher ici ou là, notamment sur internet qui est aujourd’hui un immense vecteur d’imbécilités.

Depuis une vingtaine d’années environ, internet s’est imposé peu un peu dans nos foyers, nos habitudes, jusqu’à arriver dans notre téléphone. Aujourd’hui, nous baignons littéralement dedans, ce qui fait de cet immense réseau un vecteur de communication incontrôlable, une gigantesque tribune dans laquelle tout le monde peut s’exprimer. Évidemment, lorsqu’il s’agit de donner la parole à des blogueurs Egyptiens, à des Artistes Chinois, lorsqu’il permet d’organiser des Printemps, de rassembler des peuples pour défendre la Liberté contre l’oppression ou l’Obscurantisme, internet est un outil formidable sur lequel il faut compter. Mais en contrepartie, il offre aussi à tout à chacun un tapis rouge que foulent des gens plus ou moins sérieux mais dont les propos vont toucher un public peu averti avec autant d’impact qu’un prix Nobel de Physique pourrait le faire.

Grâce à internet, tout le monde peut tout savoir sur tout, sans effort. Le problème, c’est que l’on a tendance à confondre le fait de Savoir, avec le fait de pouvoir trouver le savoir. Voila quelques années, lorsqu’on voulait se renseigner sur un sujet, on allait à la Bibliothèque, on lisait un livre, on écoutait une émission de radio dont un des invités était un spécialiste, on regardait un documentaire qui avait été réalisé par une équipe qui avait fait des recherches. Aujourd’hui, on tape une requête dans Google, on lit les quelques premières lignes des sites qui nous sont renvoyés, on met dans ses favoris celui qui nous semble le plus en phase avec nos a priori, et on considère que l’on sait. Je noircie un peu le tableau, volontairement, mais il y a de cela chez beaucoup.

Depuis 20 ans, internet a fait naitre un nombre incroyable de spécialistes. Aujourd’hui, tout le monde est critique de cinéma, de littérature, tout le monde est journaliste, photographe, philosophe, économiste, tout le monde sait, et plus personne ne fait la différence entre les vrais spécialistes, les vrais Historiens, Sociologues, Philosophes, Critiques, Scientifiques, et les blogueurs, les vidéastes amateurs, qui publient parfois tout et souvent n’importe quoi.

Au nom de la liberté d’expression, je défends le fait que l’on puisse donner la parole à tout le monde, bien sur, mais je regrette qu’un tri plus sélectif ne soit fait par rapport à la qualité des publications. La ou une maison d’édition par exemple servait de filtre qualitatif permettant de ne publier que ce qui relevait d’un certain standard, aujourd’hui tout semble se côtoyer avec la même importance. Il faut donc, pour être capable d’approfondir correctement un sujet, être déjà capable de séparer le bon grain de l’ivraie, reconnaitre qui fait autorité en la matière et qui soutient des thèses farfelues.

La suite logique à ce phénomène est qu’apparait de plus en plus souvent dans les discours la notion de point de vue. Lorsqu’un prix Nobel de Physique, par le fruit du travail de toute une vie, expose une théorie de l’Origine de l’Univers et qu’en face le gourou d’une quelconque secte nous explique sa vision de la question, on parle de différents points de vue, en appuyant sur le fait que tous les points de vue se valent et que non, le grand scientifique ne fait pas plus autorité que le gourou farfelu. Lorsque l’on doute de tout, et que l’on s’offre, sous prétexte d’être ouvert d’esprit et de ne pas se laisser manipuler, la possibilité de considérer tous les points de vue à égalité, alors on ne peut que se perdre en chemin. Caroline Fourest, dans un documentaire sur l’Origine des Complots, expliquait pourquoi il était bénéfique pour l’égo de faire partie d’une minorité à croire à une autre vérité que celle dictée partout. Cela nous offre d’être intelligent, de savoir ce que les autres ignorent, de faire partie de l’Elite, et d’avoir l’impression d’être libre. Pourtant, c’est le meilleur moyen d’être enfermé…

Mais que faire alors pour contrer ce problème ?

Si l’on peut par exemple imaginer un système de vote, permettant de faire remonter les sites approuvés qualitativement par des spécialistes, on limiterait peut être la visibilité des théories complotistes, farfelues, les manipulations et autre points de vue gouroutisant.

Une autre voie de recherche consisterait à affûter son propre jugement, afin d’être plus critique et de mieux savoir discerner ce qui mérite d’être lu, écouté, considéré sérieusement, et ce qui ne l’est pas. Pour cela, j’aimerais revenir sur la notion de bonne foi et de mauvaise foi, qui sont présentes dans tout débat.

Selon le philosophe André Comte Sponville, la bonne foi se définit comme suit : “Comme fait, c’est la conformité des actes et des paroles à la vie intérieure, ou de celle-ci à d’elle-même. Comme vertu, c’est l’amour ou le respect de la vérité, et la seule foi qui vaille”.

Comte Sponville, dans son “Petit traité des grandes vertus” dont est issue cette définition s’attarde sur le fait que la bonne foi exclut le mensonges et non pas l’erreur. Ce point me semble important car il donne la possibilité de se tromper sans avoir cherché à manipuler. Lorsqu’on voit un documentaire expliquant que les Pyramides d’Egypte ont été nécessairement érigées par des Extra-terrestres parce que l’Homme était incapable de bâtir des édifices aussi imposants, nous sommes dans la mauvaise foi, car nous enchainons des affirmations et non pas des hypothèses, nous affirmons que notre théorie est la bonne, sans tenir compte de toutes celles qui expliquent que si, l’Homme a pu bâtir des Pyramides plusieurs millénaires avant JC, nous ne supportons pas l’idée que notre théorie puisse être fausse, et nous nous mentons à nous-mêmes. Ce point est repris par Compte Sponville, qui considère que là ou la sincérité dicte de ne pas mentir à autrui, la bonne foi impose de ne mentir ni à autrui, ni à soi-même.

Une notion qui revient souvent lorsque l’on parle avec des personnes peu rigoureuses d’un point de vue intellectuel, c’est qu’elles nous affirment être plus libres que nous, parce qu’elles sont capables de considérer les points de vue marginaux comme aussi valables que ceux émis par des figures qui font habituellement autorité. Les responsables de ces théories marginales étant eux aussi libres, puisque capables de penser en dehors des lignes, en marge du politiquement correct, du communément accepté. Ils ne suivent pas le troupeau bêlant. Spinoza, lui, considère dans son Ethique, que l’homme libre n’agit jamais en trompeur, mais toujours de bonne foi. L’homme libre est celui qui se soumet à la raison, qui est universelle : si elle autorisait le mensonge, elle l’autoriserait toujours et toute société humaine serait impossible. Kant, lui, va plus loin, et affirme dans sa Doctrine de la vertu, que le mensonge, non seulement n’est jamais une vertu, mais qu’il est toujours une faute, toujours un crime, toujours une indignité. La véracité, qui est son contraire, est un “devoir absolu qui vaut en toutes circonstances” et qui étant tout à fait inconditionné, ne saurait admettre la moindre exception à une règle qui par son essence même n’en tolère aucune.

Il semblerait donc que la bonne foi, garantissant l’expression de la vérité, ou du moins de ce que l’on croit être la vérité est le point de départ d’une réflexion rigoureuse. Alors pourquoi dans les discussions, ceux qui cherchent à convaincre du bien fondé de leur théorie cessent tout à coup d’être rigoureux et plongent dans la mauvaise foi ?

C’est Schopenhauer dans son livre “L’Art d’avoir toujours raison” qui nous offre un début de réponse. Effectivement, dans son essai, très court, que je recommande à tous ceux qui ne l’ont pas lu, Schopenhauer explique que dans une discussion, si deux interlocuteurs défendent chacun un point de vue différent, il leur faudra obligatoirement, à un moment donné, à moins d’être vraiment surs de la véracité de l’intégralité de leurs propos, être capables d’argumenter à l’aide de ficelles et de techniques emplies de mauvaise foi, pour faire passer pour vraie une vérité qui ne l’est pas forcément.

C’est le fait de se retrouver face à un mur qui se dresse entre nos arguments et notre théorie qui nous pousse à contourner ce mur en adaptant nos arguments, en se désolidarisant du caractère “vrai” qu’on leur porte, en les emplissant de mensonge. C’est exactement ce qu’a fait Eric Zemmour dans son dernier livre. Les chiffres de l’INSEE ne lui permettant pas d’appuyer sa thèse, il a choisi de briser sa bonne foi, sa rigueur, et d’accepter de mentir pour continuer sa démonstration. Évidemment, sa démonstration s’effondre et ne vaut plus rien. Encore faut-il savoir qu’il y a eu rupture de la bonne foi, qu’il y a eu mensonge. Et ça, à moins d’être soi même spécialiste des chiffres de l’INSEE, on ne peut le savoir.

Et c’est ce qu’explique Schopenhauer dans son livre : tu affirmes, en tenant pour vrai quelque chose de faux, ton adversaire sait que c’est faux, mais le public, moins instruit, croit que c’est vrai, et du coup ta thèse apparait comme persuasive et tu gagnes des adeptes.

Évidemment, si depuis le début je m’appuie sur Eric Zemmour, cette pratique ne lui est pas réservée et l’on peut constater par exemple qu’elle est très pratiquée en politique, lors des débats télévisées, et plus généralement à chaque fois que plusieurs personnes s’affrontent pour en convaincre d’autres.
Pour conclure cet article, j’aimerais citer Pascal qui, dans l’Art de persuader, nous indique une méthode pour garantir la rigueur des propos que l’on peut découvrir dans notre quête. Ce sont les premiers mots de son essai :

“On peut avoir trois principaux objets dans l’étude de la vérité : l’un, de la découvrir quand on la cherche ; l’autre, de la démontrer quand on la possède ; le dernier, de la discerner d’avec le faux quand on l’examine. Je ne parle point du premier : je traite particulièrement du second, et il enferme le troisième. Car, si l’on sait la méthode de prouver la vérité, on saura en même temps celle de la discerner, puisqu’en examinant si la preuve qu’on en donne est conforme aux règles qu’on connaît, on saura si elle est exactement démontrée. La géométrie, qui excelle en ces trois genres, a expliqué l’art de découvrir les vérités inconnues ; et c’est ce qu’elle appelle analyse, et dont il serait inutile de discourir après tant d’excellents ouvrages qui ont été faits.”

Et Pascal d’ajouter un peu plus loin : “cette méthode, qui formerait les démonstrations dans la plus haute excellence, s’il était possible d’y arriver, consisterait en deux choses principales : l’une, de n’employer aucun terme dont on n’eut auparavant expliqué nettement le sens ; l’autre, de n’avancer jamais aucune proposition qu’on ne démontrât par des vérités déjà connues : c’est à dire, en un mot, à définir tous les termes et à prouver toutes les propositions.”

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Catégories :Chroniques

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22 réponses

  1. Article très intéressant, il me rappelle une discussion que j’avais eue avec une amie faisant un mémoire sur la démocratisation culturelle et tout le mal qu’avait fait le « tout culturel » depuis 20 ans (ou l’art et la manière de vouloir mettre Joeystar et Mozart sur un pied d’égalité dans leurs apports musicaux et favoriser derechef un vrai nivellement par le bas et une vraie frontière entre ceux pouvant écouter les deux et les autres…)

    Cette anecdote mise à part, je suis confronté régulièrement dans mon entourage au même phénomène avec cette fois-ci des références « culturelles et politiques » que sont Dieudonne et Soral et qui sous le couvert de vouloir « défendre la communauté musulmane pris pour cible en France par les Juifs et les puissants », font passer leurs idées négationnistes, racistes et antisémites dans ceux se sentant « compris » dans leur victimisation par ces derniers.

    Face à cela, la plupart de mes proches me disent qu’il vaut mieux ne pas fréquenter des gens ayant de tels gouts en matière d’humour et de politique mais je m’y refuse…
    Je reste proche de ceux ayant ces pensées car je me dis que peut être en essayant au fur et à mesure d’amener (progressivement) une autre idée, ils finiront peut être par ouvrir les yeux, alors qu’en fuyant on est juste certain de les conforter dans leur erreur…

    Donc face à l’obscurantisme, faut-il que la rigueur intellectuelle s’habille d’un gant de velours pour faire passer son message… ?

    • Ta derniere question constitue effectivement le noeud du probleme. Doit-on essayer ou pas ?
      La difficulte, c’est que lorsque l’on est dans cette demarche qui consiste a mettre tous les points de vue sur le meme plan, on ne peut pas avancer.
      Ce qu’il faut, pour avancer lorsqu’on est perdu dans ces conceptions, ce n’est pas acquerir un savoir plus juste, mais une méthode plus sérieuse, rigoureuse, pour appréhender le fruit de ses recherches. Or pour acquérir ces méthodes rigoureuses, il faut accepter que celles-ci menent a une verite plus juste. Et c’est la que cela coince.

    • Cher Apprent,
      Je suis un peu gêné par une petite partie de ta réponse. Ce qui est suffisamment rare pour être souligné. Tu as cité dans un autre commentaire Kierkegaard avec son si joli difficile qui fait chemin, et je m’autorise à penser que comparer des manières d’art est la porte ouverte à des dérives qui me pose problème. Je ne suis pas fan de Joe Starr. Mozart me fait bien plus kiffer. Néanmoins je crois au talent du rappeur qui s’il ne confine pas au génie n’en reste pas moins l’apanage de peu de gens. Je suis musicien, compositeur plutôt élitiste. Mon propos n’est pas de me placer sur une échelle de valeur, mais cet état me permet, je crois de ne pas qualifier trop vite un créateur quel qu’il soit. Je voulais néanmoins dire ceci, quelque chose me gênait.

      • Joeystar est en effet un createur et un artiste que j apprecie, bien que je sois aussi musicien classique depuis des années. Mon propos est simple, en voulant mettre sur un pied d’egalité les deux artistes dans la comprehension de leur oeuvre, on justifie l’absence d’intermediation culturelle pourtant necessaire dans la comprehension de certaines oeuvres/artistes complexes (Mozart, Pierre Henry….) alors que pour d’autres oeuvres/artistes, la comprehension ne necessite que peu/pas d’intermediation (joeystar notamment). Cela crée donc un fossé entre ceux pouvant comprendre les deux (grace a l education ou a une formation musicale) de ceux ne le pouvant pas.

        • Je comprends. N’allons pas occuper la ligne avec un autre sujet que la rigueur intellectuelle. Mais j’aurais plaisir à rediscuter avec toi. Guizmo nous en donnera l’occasion.
          A bientôt.

          • Insolist, tu peux prolonger les discussion en nous rejoignant sur le forum de discussion Le Bandeau sur les yeux (lebandeau.net)

            • J’aurais en effet grand plaisir a en rediscuter de nouveau avec toi Insolist 🙂

              On pourrait effectivement se rejoindre sur lebandeau.net comme indique par Guizmo si tu le souhaites (j’y suis inscrit).

              A tres vite !

  2. J’ai cru devoir répondre que l’utilisation d’un outil ne se fait qu intelligemment, que ce soit un tournevis, une meuleuse ou internet mais en continuant de lire cela s’est avéré inutile. Merci.

  3. Très bel article MTCF Guizmo, qui vient confirmer une citation de Jean Cocteau que j’aime et que j’ai mis en bas de mon profil sur un forum maç : « Notre époque est scolaire et inculte, chacun est un professeur qui ne sait rien et qui veut l’apprendre aux autres ». Fermez le ban !

  4. Merci merci merci pour cet article qui me donne quelques éléments pour comprendre mon désarroi face aux discours lus sur Facebook (notamment) qui me désespèrent et auxquels je ne sais pas répondre…
    Le gros soucis est que la rigueur intellectuelle demande du travail, du temps, des efforts… et qu’en face c’est du discours prédigérée et consommable immédiatement. Le combat est sacrement déséquilibré. Est-il gagnable ?

  5. Très bon article Guizmo. Etant jeune, je me pose la question de savoir comment cela se déroulait avant ma génération : aujourd’hui, j’ai besoin d’une information, je vais chercher sur internet et mixer les sources en essayant de chercher le plus objectif possible (par exemple, même si j’aime Caroline Fourest que tu cites, je vais éviter de la citer pour ne pas me voir opposer les arguments ad hominem qui obscurcissent directement le fond alors que ses raisonnements sont sur beaucoup de points communs aux miens). Avant, comment faisait les gens ? Tu parles de livres, mais je doute que beaucoup allaient en bibliothèque pour trouver des réponses. Étions-nous moins enclins à parler, argumenter à vau-l’eau ? C’est possible. Et cela pourrait être un facteur de la prolifération (parfois nauséabonde, mais parfois enrichissante il faut aussi le dire) des professeurs 2.0 à la sauvette que tu décris dans ton article : j’ai tout à disposition chez moi, sans lever mon derrière pour aller lire des livres austères, je peux donc libérer ma pensée en professant par internet ce qui ne pouvait l’être avant du fait de la barrière de la lecture.

    Ce qui me sidère aussi, c’est que des personnes ayant le double voire le triple (le quadruple ?) de mon âge vont tout prendre ce qu’ils voient sur le net pour argent comptant : j’en prend pour exemple les mails « contre le système » que reçoivent parfois mes grands parents (qui racontent des conneries plus grosses que ceux qui les envoient…) et que je retrouve parfois pendant les dîners de famille, donnant simplement un débat avec l’argument d’autorité « J’ai vu ça sur internet, donc c’est vrai ». Ce qui me chagrine, c’est que les gens ont perdu l’habitude de chercher des sources (alors que les plus vieux ont connu l’époque des livres). Alors on me dira que tout le monde ne sait pas chercher, et c’est vrai. Mais ça s’apprend, là encore tout est une question d’envie et de rigueur intellectuelle comme le souligne Guizmo. Le manque de rigueur intellectuelle, c’est comme pour ceux qui croient au grand Complot (vous savez, celui avec les maçons qui discutent de la destruction planétaire avec des tabliers lors de frugales agapes…) : c’est une facilité, une paresse intellectuelle. A mon sens, c’est cela : nous sommes devenus fainéants.

    Je me pose la question de savoir comment on pourrait renverser la vapeur, et pour être honnête je ne sais pas du tout dans quelle direction nous pourrions aller. A l’époque du tout cuit dans le bec, je ne pense pas que ça aille dans un sens meilleur malheureusement si rien n’est fait.

    Enfin Guizmo, pour ton histoire de notation des sites internet, je pense malheureusement que c’est assez utopique : qui voterait ? comment désigner ? est-ce que ça n’irait pas indirectement dans le sens de ceux qui dénoncent une « pensée unique » (du style « oui, regardez moi je représente ce que l’on nous cache, j’ai pas été validé par les méchants manipulateurs, je détiens la vraie vérité ») ? Et enfin, cela pose une question soulevée par ta proposition mais qui restera sans réponse puisque sans fin : quis custodiet ipsos custodes ?

    • Commentaire très intéressant !
      Mais peut-être qu’au-delà de la paresse, il y a aussi le souci d’immédiateté.

      J’entends par cela qu’on préfère souvent aujourd’hui; à l‘heure des toutes puissantes technologies de l’information et de la communication ; une demi-vérité dans l’instant, qu’une entière en différé.

    • La théorie du complot : cette folie meurtrière de notre époque !!!

  6. Bonjour,je viens de finir de vous lire ,Insolist ,Guizmo,Apprent,sedtm article intéressant ,mais moins que les commentaires qu’il génère ….pour faire écho a Erlow (fainéantise) est un peu extrême, paresse me semble plus approprier ,elle advient surtout si l’ont n’est poussé par aucune motivation,aucun besoin de création ,ou communication alors Oui paraisse s’installe car il n’y a plus de moteur d’évolution ,ni de volonté de dépassement.A une air ou la connaissance ce consomme sans cadre et restrictions,il devient de plus en plus pertinent d’exercé son libre arbitre…En vérité la ou le bas blesse.Car (connaissances) est subjectives ,et évolutive et propre a la réalité de chacun relative a ce qu’il a confronté et décrété (juste) en fonction de ses expériences et de sa compréhension a un instant T,Partant de ce constat,tout n’est que support pour validé des fondements internes inhérents a nos convictions signant notre singularité. singularité:spécification de l’unité (Mozart,Joeystar,soi même)pour reprendre les écrits.cet singularité étant a temporel nul besoin pour les anciens d’internet pour pouvoir définir les axes directeur d’une vies,les aspects culturels étaient différents mais ont savait davantage marier les singularités par une proximité plus grande, un plus grand échange de connaissance verbale ,qui permettait un échange de connaissance en temps réel avec le surplus informatif éventuel dans le but d’une juste compréhension,contrairement au support d’information médiatique conventionnel…. SIMConventionnel : la magie du petite écran,du son des ondes,des chiffres, des liaisons quantiques,des couleurs,vibrassions,? Elles ne sont plus a démontré ni a exclure,elle sont dorénavant expérimentative partout a travers le monde et d’une manière sérieuse pour ne gratté que le vernis .La société encourage a la (singularités au travers de tout ses support médiatiques la (marginalisation et Vulgarisation des concepts) dans le but de nous inculqué des concepts sociétale visant a nous familiarisé avec les attentent qu’il ont de nous (impact publicitaire ,si vous êtes de ceux qui la consomme) Intérêt de la singularité,facilement contrôlable au travers de leurs égos car plus enclin a l’attente des autres en vers (elle,lui),être celui que les autres envie ou aimeraient être,la intervient le support sociétale et ses hégémonies et ses cortèges d’illusions .
    Être,ou ne pas être? hi hi
    la recette du bonheurs dans tout çà? tuer l’égo?ou le remettre a sa juste place?ou, encore reste bien des couches sous le vernis?…..

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